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Les ouvriers de Whirlpool surnomment Macron le "fantôme d'Amiens"

Emmanuel Macron est à Amiens pour échanger avec des délégués syndicaux concernant la délocalisation prochaine de l'usine Whirlpool. Sur place, les ouvriers ne cachent pas leur déception face au candidat d'"En Marche!".

Emmanuel Macron rencontre ce mardi midi une intersyndicale représentants les ouvriers de l'usine Whirlpool d'Amiens, dont l'activité va être délocalisée à partir de l'année prochaine en Pologne, menaçant du même coup l'emploi de ses 290 salariés. Chez ces derniers, la venue du candidat d'"En Marche!" est très loin de susciter l'excitation. Sans joie ni attente, la plupart des ouvriers sont emplis de lassitude, de désillusion et de déception.

Pour certains d'entre eux, Emmanuel Macron est devenu "le fantôme d'Amiens", l'homme qu'ils n'attendaient plus, alors qu'il déclarait au début du mois qu'il rendrait visite aux salariés de Whirlpool "sans les caméras".

Sur place, les ouvriers affirment ne pas avoir le moindre espoir concernant cette visite. "Se manifester entre les deux tours, je trouve ça particulièrement mesquin, c'est vraiment du n'importe quoi", estime l'un d'entre eux. "On l'a attendu, on lui a écrit, on est allé à lui à Paris. Il n'a jamais répondu. Ce n'est pas aujourd'hui, maintenant qu'il est passé au deuxième tour, qu'il va nous intéresser plus qu'avant", assure un second.

S'assurer du soutien d'Emmanuel Macron

Certains délégués syndicaux ont d'ailleurs refusé de rencontrer l'ancien ministre de l'Economie, considérant qu'ils n'avaient rien à lui dire. "On est déçus qu'il n'ait pas parlé de Whirlpool à Amiens et défendu ces principes qu'on aimerait entendre", a déclaré Frédéric Chantrelle, le délégué CFDT de Whirlpool Amiens.

Les représentants syndicaux qui ont eux décidé de s'entretenir avec Emmanuel Macron veulent avant tout s'assurer que le soutien qu'il compte leur porter est réel et concret.

"Je n'ai pas l'intention qu'on aille là-bas pour faire une parade électorale, on est là pour dire nos craintes et émettre nos doutes face à cette direction qui est aujourd'hui obtus et fermée", affirme le délégué CFE CFC de l'usine Ludovic Creusé.

Comme Emmanuel Macron ne viendra pas aux ouvriers, de nombreux grévistes ont également confié qu'ils ne tenteraient pas d'approcher l'ancien ministre de l'Economie, ni de l'apercevoir près de la chambre de commerce. Ils ont d'ores et déjà décidé de rester à l'entrée de l'usine pour continuer leur action.

F. H. avec Sandra Boulanger et Florian Rivais