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L'appel de Marine Le Pen aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon

Dans une vidéo publiée ce vendredi, la candidate du FN s'adresse aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon, et revendique une proximité entre son programme et celui du leader de La France insoumise.

Dans une vidéo publiée ce vendredi après-midi sur son compte Twitter, Marine Le Pen lance un "message" aux sept millions d'électeurs de Jean-Luc Mélenchon dans la perspective du deuxième tour de la présidentielle.

"Je m’adresse aux électeurs de La France insoumise pour leur dire qu’aujourd’hui, il faut faire barrage à Emmanuel Macron", déclare la candidate du Front national, après avoir loué la "campagne respectable" du porte-parole de La France insoumise, ses "drapeaux bleu-bleu-rouge" et ses "belles Marseillaise".

Ce dernier avait réuni 19,6% des voix au premier tour, derrière François Fillon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

Le lendemain de son meeting aux accents mélenchoniens à Nice, Marine Le Pen s’efforce de souligner les convergences entre son projet et celui de l’ex-ministre socialiste. Elle tente de démontrer par là même son incompatibilité avec celui d’Emmanuel Macron. Sur les questions économiques et sociales, d’abord:

"Monsieur Macron est un banquier, il représente cette finance arrogante que François Hollande avait promis de combattre et qu’il a finalement laissé prospérer. C’est un partisan du libre-échange généralisé (…). Il se refusera à apporter la moindre protection aux salariés, comme il l’a démontré à Amiens en se comportant très mal avec les salariés de Whirlpool".

L’eurodéputée rappelle aussi qu’elle prévoit de "retirer immédiatement" la loi El Khomri et la directive européenne sur le travail détaché.

Macron et le "pouvoir de l'oligarchie"

Sur la question des rapports diplomatiques avec la Russie, Marine Le Pen explique qu’elle ne "veut pas non plus de relations hostiles" avec ce pays. "C’est un partenaire indispensable à la stabilité du monde", juge-t-elle, reprenant le terme de "partenaire", très souvent utilisé par Jean-Luc Mélenchon à l’égard de Moscou.

"Monsieur Macron pense l’inverse et tiens des propos irresponsables", accuse-t-elle. "S’il était élu, les tensions s’aggraveraient dangereusement".

Bras de fer bruxellois

Celle qui s’est mise en congé de la présidence du FN aborde ensuite la question démocratique, pilier du programme de Jean-Luc Mélencho:

"Mon projet vise à la renforcer considérablement en améliorant la représentation du peuple dans les assemblées, via la proportionnelle et en ayant recours au référendum (…). Avec monsieur Macron, ce serait le renforcement du pouvoir de l’oligarchie, le contrôle absolu de la démocratie par un tout petit monde, celui de la finance, des lobbies puissants, des technocrates européens sous influence".

"Je souhaite pour ma part négocier fermement avec les autorités bruxelloises, pour leur dire que le peuple français doit reprendre le contrôle de son destin", ajoute Marine Le Pen, dans un parallèle évident avec le "plan A" que le chef de file de La France insoumise comptait mettre en œuvre à l’égard de l’Union européenne.

Et Marine Le Pen de conclure en ciblant ceux qui, à gauche comme à droite, se scandalisent de ce que Jean-Luc Mélenchon n’ait pas appelé explicitement à voter pour Emmanuel Macron depuis le premier tour:

"Toute l’oligarchie, qui use contre moi mais aussi contre vous, d’arguments indignes et veut vous mettre au garde-à-vous derrière le banquier Macron, je sais que vous êtes plus forts que ça. Tournons la page".

Le porte-parole de Mélenchon dénonce un "parler fourbe"

Les Insoumis, dont une minorité de voix devrait se porter sur la leader frontiste, seront-ils sensibles à son message? Une chose est sûre, l’allocution de Marine Le Pen devrait pousser Jean-Luc Mélenchon à sortir de son silence.

Avant une probable prise de parole du chef de La France insoumise ce vendredi, son porte-parole a réagi au micro de BFMTV à la main tendue par l’adversaire d’Emmanuel Macron. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’Alexis Corbière n’est pas disposé à la saisir:

"Pas une voix ne doit aller au Front national (...). Il ne faut pas être piégé par son parler fourbe. Ce sont des petites manœuvres électorales. Nous, La France insoumise, on est fiers d’avoir pris des électeurs à Marine Le Pen. On est la force qui fait baisser le Front national".

G. de V.