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Présidentielle

Emmanuel Macron salué par la presse mais déjà attendu au tournant

REVUE DE PRESSE - Aucun état de grâce pour le président élu face au Front national. Si la presse du jour s'accord à saluer sa succès probant, la quasi totalité des titres lui rappelle la fragilité de son électorat comme l'importance de bien négocier les élections législatives des 11 et 18 juin prochain.

La presse de lundi se montre à la fois soulagée, admirative et exigeante au lendemain de la victoire présidentielle, "large et fragile" à la fois, d'Emmanuel Macron. Titre enjoué en manchette du quotidien économique Les Echos qui salue "La France qui ose". "Il y a longtemps que l'on n'avait pas accolé ces deux mots. La France sourit. Avec Emmanuel Macron, élu très largement ce dimanche à 65,9 %des voix, la France grondeuse a conjuré la fatalité populiste qui semblait gagner le monde occidental. Macron, ou l'anti-Trump", se félicite le quotidien économique.

Libération ne cache pas non plus sa satisfaction en saluant la victoire de l'ancien ministre de l'Economie d'un "Bien joué". A l'opposé du portrait de Une du nouveau président, la quatrième de couverture est barrée d'un "Bien fait" adressé à Marine Le Pen. "Dans l'ultime bataille, la République l'emporte. Ebranlée, fissurée, bousculée par un parti de l'intolérance qui a réuni jusqu'à 42% des intentions de vote durant la campagne, la France vient de signifier aux xénophobes - même s'ils restent forts, menaçants, actifs - qu'elle ne voulait pas d'eux", écrit avec soulagement le journal.

Dans la même veine, la presse internationale salue une victoire qui est un "frein au populisme" (El Païs) et "rassure ceux qui craignaient que la France ne devienne le prochain pays à succomber aux sirènes du populisme, du nationaliste et de l'anti-mondialisation" (New York Times).

La mise en garde du Figaro

Plus sobre, Le Figaro évoque "La victoire en marchant" du nouveau locataire de l'Elysée. Plus nuancé, l'éditorial du quotidien met en garde le nouveau chef de l'Etat:

"Ne nous y trompons pas: la France de Macron, cette France positive, dynamique, réformatrice, ouverte à l'Europe comme au vent du large existe bel et bien - et c'est heureux. Mais elle ne représente qu'un quart des Français. Deux autres quarts (les lepénistes et les mélenchonistes auxquels on pourrait ajouter les partisans de Hamon) sont radicalement hostiles aux valeurs qu'elle incarne."

"Quoi qu'il arrive, Emmanuel Macron ne devra jamais oublier qu'il a été à la fois très bien et très mal élu", insiste La Croix. "Très bien car il a bénéficié d'un des scores les plus élevés de la Ve République. Très mal parce que de nombreux citoyens ont voté en sa faveur non par adhésion mais uniquement pour écarter la menace du Front national", ajoute l'éditorialiste du quotidien catholique qui titre sur "une victoire large et fragile".

Pas d'état de grâce

Il n'y aura pas d'état de grâce si l'on en croit L'Humanité, qui assure qu'"un nouveau combat commence" contre un président élu "sans adhésion". "Emmanuel Macron veut frapper vite parce qu'il est faible" et "les élections législatives sont donc une première étape importante pour lui mettre des bâtons dans les roues", expose le quotidien commuiste. 

L'Opinion estime a contrario que le "premier défi" du nouveau président "sera donc de profiter de cet élan acquis dans les urnes (...) pour se construire de vraies fondations parlementaires et se doter d'une base partisane solide". "Avec un socle d'adhésion plutôt faible encore pour soutenir ce destin exceptionnel, le président tout neuf doit continuer à élargir une majorité d'opinion", souligne La Nouvelle République du Centre Ouest.

"Gagner la présidentielle, finalement, aura été le plus simple pour Emmanuel Macron, assure Le Journal de la Haute-Marne. Pouvoir s'appuyer sur une Assemblée qui soutiendra sa politique sera beaucoup plus ardu, pour un ex-candidat qui se veut le champion du 'ni droite, ni gauche', mais aura besoin des deux pour gouverner... et de contenter chacun".

Samuel Auffray avec AFP