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Dans l’Emission politique, Macron égratigne le quinquennat Hollande

Florange, rapport aux journalistes, présidence normale: Emmanuel Macron a eu à cœur de se distinguer du président de la République lors de l’émission ce jeudi.

Est-ce sa réponse à ceux qui le surnomment "Emmanuel Hollande"? Emmanuel Macron n’a pas été tendre avec le quinquennat du président de la République lors de L’Emission politique dont il était l’invité ce jeudi soir. Sans jamais citer le nom du chef de l’Etat, le candidat d’En Marche! a multiplié les remarques peu amènes à son endroit, comme autant de prises de distance.

L’anti-Florange

Face à François Ruffin, l’invité "mystère" de l’émission, qui lui reproche sa passivité face à la situation des salariés de Whirlpool d’Amiens menacés d’une délocalisation, Emmanuel Macron refuse de s’engager à leur rendre une visite publique dans le cadre de sa campagne. Et d’expliquer au patron du journal Fakir et figure du mouvement "Nuit Debout":

"Une campagne, ce n’est pas des propos d’estrade. C’est de la démago complète. Je vais faire quoi, je vais aller sur un camion et dire qu’avec moi, le site ne fermera pas? Non, ce n’est pas vrai".

Une référence implicite à la visite de François Hollande aux salariés de Florange lors de sa campagne pour la présidentielle de 2012. Celui qui n’était encore que candidat du PS était monté sur un camion et avais promis aux employés d’Alstom de protéger leur usine. En 2013, les hauts-fourneaux de l’aciérie de Florange avaient malgré tout fermé.

"Un président, ce n’est pas quelqu’un de normal"

Interrogé par Léa Salamé sur sa conception de l’exercice du pouvoir et sur le fait qu’il a un jour déclaré vouloir être un président "non pas normal mais jupitérien", Emmanuel Macron répond:

"Un président de la République, ce n’est pas quelqu’un qui est normal dans ses fonctions, qu’on le veuille ou non. C’est quelqu’un qui prend des décisions, qui sont parfois difficiles, qui est confronté à des choses graves, qui a à conduire l’action du pays à l’international, donc ce n’est pas quelqu’un de normal".

Soucieux de nuancer son propos, l’ancien patron de Bercy promet toutefois d’être un "président engagé mais qui sait déléguer". Reste que la prise de distance d’avec la "présidence normale" promise par François Hollande avant son élection paraît limpide.

Moins proche des journalistes

Alors que Léa Salamé et David Pujadas font remarquer à leur invité sa tendance à mettre en scène sa vie privée dans certains magazines, Emmanuel Macron s’inscrit en faux. Et lâche cette phrase lourde de sous-entendus:

"Je crois que le problème des derniers quinquennats a été une trop grande proximité avec les journalistes".

Un commentaire qui cible autant Nicolas Sarkozy et son rapport aux médias que François Hollande. Le président de la République a été mis en cause par ses adversaires pour avoir fréquenté de nombreux journalistes durant son mandat. Et notamment pour sa participation au livre Un président ne devrait pas dire ça, qui lui a valu de nombreuses critiques.

"Je ne suis pas lui"

A la fin de l'émission, le journaliste Karim Rissouli demande tout de même à Emmanuel Macron s'il ne craint pas "d'apparaître trop déloyal avec celui qui lui a mis le pied à l'étrier", compte tenu des piques qu'il lui a indirectement adressées tout au long du programme.

Le candidat d'En Marche! se défend de toute incorrection vis-à-vis du chef de l'Etat : "Je l'ai toujours respecté, contrairement à tous ceux qui ont passé les cinq dernières années à l'empêcher de présider". Une allusion claire aux frondeurs du PS.

De là à revendiquer une filiation avec François Hollande, non:

"Je ne suis pas lui. Oui, je suis profondément différent. Oui, je donne un sens à ce que je fais, je dis clairement les choses, je les assume et je suis plus tranchant. Mais on peut assumer ses différences sans manquer de respect. En effet, je ne suis pas dans la continuité".

G. de V.