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Législatives: votre bulletin rapporte de l'argent aux partis

La composition de la future assemblée ne sera pas le seul enjeu du scrutin de dimanche. En votant pour un candidat, les électeurs participent au financement des partis politiques.

Depuis 20 ans, la participation aux successives élections législatives ne cesse de baisser passant de 67,92% en 1997 à 57,22% en 2012. Et pourtant, l'enjeu est primordial pour les candidats et leurs partis politiques. Outre l'objectif d'être élu et de composer une nouvelle force au sein de l'hémicycle, l'enjeu est bien financier. Car chaque voix obtenue ce dimanche et dimanche prochain permet de financer pendant cinq ans les formations politiques. 

Ce financement des partis politiques repose en grande partie sur l'aide publique. Une aide calculée proportionnellement en fonction des résultats obtenus par les candidats d'un parti, à condition qu'ils aient obtenu 1% dans au moins cinquante circonscriptions différentes et que la formation respecte la parité. Au final, chaque voix apporte dans les caisses de l'organisation politique 1,42 euros par an, pendant cinq ans.

Situation financière négative

Ce calcul n'est pas le seul bénéfice pour les partis politiques français. Pour ceux qui auront déjà bénéficié de cette première aide, ils recevront en moyenne 37.280 euros pour chaque candidat élu député. Une aide renouvelée chaque année. En 2016, le Parti socialiste a ainsi bénéficié de près de 25 millions d'euros, Les Républicains de près de 19 millions, le Front national un peu plus de 5 millions, le Parti communiste de près de 3 millions et Europe-Ecologie-les-Verts 2,8 millions d'euros. 

"Le financement public représente l'essentiel de son financement, c'est-à-dire ce qui va lui permettre de payer un local, un siège, de faire face à ses factures, d'embaucher des salariés...", détaille Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof.

L'arrivée annoncée de députés de La République en marche au sein de l'Assemblée nationale va bouleverser l'équilibre des autres partis. Certaines formations politiques ont ainsi déjà réduit leurs dépenses. "Le pire qui puisse arriver pour un très gros parti politique, avec des permanents, avec des locaux qui lui demandent beaucoup de budget, d'avoir une élection qui d'un seul coup fait diminuer extrêmement fortement", confirme Bruno Cautrès. Pour cette organisation, il va y avoir une situation financière extrêmement négative."

J.C.