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Législatives: les parachutages stratégiques du FN

Marine Le Pen et Nicolas Bay, directeur de campagne du FN pour les législatives.

Marine Le Pen et Nicolas Bay, directeur de campagne du FN pour les législatives. - Sebastien Bozon - AFP

Plusieurs proches de Marine Le Pen, comme Nicolas Bay ou Sébastien Chenu, se présentent dans des circonscriptions très favorables au Front national.

Ils ont fait chauffer leur calculettes… avant de s'équiper de leur parachute. Pour maximiser leurs chances aux législatives, plusieurs proches de Marine Le Pen se présentent dans des circonscriptions très favorables au Front national.

Certes, le FN n’a pas le monopole des parachutages (l’aventure marseillaise de Jean-Luc Mélenchon en témoigne) et ces hauts cadres du parti ont souvent été investis avant la présidentielle.

Mais les "zones d’atterrissage" n’ont pas été choisies au hasard malgré tout. Elles sont toutes situées dans les bastions électoraux frontistes du Nord et du Sud-Est.

Jean Messiha. Le coordinateur du projet présidentiel de Marine Le Pen est investi dans la 4e circonscription de l’Aisne, où Marine Le Pen a recueilli 35,51% des voix au premier tour de la présidentielle (14 points de plus que son score national). Aux élections départementales de 2015, le FN était arrivé en tête du second tour dans le département (44,34% des suffrages).

Jean-Lin Lacapelle. Proche ami de Marine Le Pen, qui l’a fait secrétaire national aux Fédérations du FN, il va peut-être quitter la région parisienne pour le Sud. Actuellement vice-président du groupe frontiste au conseil régional d’Ile-de-France, Jean-Lin Lacapelle se présente dans la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône. Marine Le Pen y a réalisé un très joli score de 37,29% des voix le 23 avril. Le territoire comprend les villes de Vitrolles et Marignane, dirigées par le Front national dans les années 1990. "(Ces communes) sonnent dans mes oreilles comme des lieux de victoires politiques", n’a pas manqué de commenter le candidat FN auprès de La Provence.

Philippe Olivier. Marine Le Pen a envoyé son beau-frère dans une circonscription où elle a largement distancé Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle (avec 55,17% des voix): la 7e du Pas-de-Calais. L’époux de la sœur aînée de la présidente du FN, ex-dissident mégrétiste dans les années 1990, pilotait la cellule "idées-image" au sein de l’équipe de campagne de Marine Le Pen. Ces dernières années, il s'était présenté dans l’Aude (aux cantonales de 2011) et en Essonne (législatives de 2012, municipales de 2014, départementales de 2015).

  • Gaëtan Dussausaye. Le directeur du Front national de la jeunesse (FNJ), originaire de la région parisienne (il a candidaté à la mairie du XIe arrondissement de Paris en 2014), a été investi en Picardie. Dans la 2e circonscription de l’Oise, précisément, où Marine Le Pen a réuni 35,01% des suffrages au premier tour le 23 avril. Une bonne base de départ pour les législatives, même si l’arrivée de Gaëtan Dussausaye a provoqué quelques remous parmi les cadres frontistes locaux.

Sébastien Chenu. Ce proche de Marine Le Pen, chef du collectif culture du Rassemblement Bleu Marine (RBM), débarque dans la 19e circonscription du Nord. Une région en or: l’adversaire d’Emmanuel Macron y a fait 39,36% des voix au premier tour et 58,33% au second. Aux régionales de 2015, Sébastien Chenu s’était présenté dans la Somme et avait été élu.

Nicolas Bay. Le secrétaire général du FN et directeur de campagne du parti pour les législatives a confirmé ce vendredi au micro de Jean-Jacques Bourdin qu’il serait bien candidat dans son fief de Normandie. Mais il n’a pas encore précisé dans quelle circonscription. La rumeur le donne toutefois dans celle de Bruno Le Maire, dans l’Eure. Ce qui constituerait un "saut de puce" plus qu’un parachutage pour Nicolas Bay, élu jusqu’ici en Seine-Maritime. En Normandie, c’est dans l’Eure que Marine Le Pen a réalisé son meilleur score au premier tour, avec 29,31% des voix.

Ghislain de Violet