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Législatives: ces 3 raisons qui pourraient provoquer une scission du groupe LR

Laurent Wauquiez et NKM, incarnations des deux lignes divergentes au sein de LR.

Laurent Wauquiez et NKM, incarnations des deux lignes divergentes au sein de LR. - JEAN-FRANCOIS MONIER - AFP

Défaite électorale, luttes internes, divergences stratégiques, la droite devra éviter plusieurs écueils pour rester unie dans l’hémicycle.

Y aura-t-il deux groupes de droite à l’Assemblée nationale après les législatives des 11 et 18 juin? Interrogé sur Radio J dimanche à propos de cette éventualité, le député Les Républicains Thierry Solère ne l’a pas exclu.

Selon l'organisateur de la primaire de la droite, les élus LR pourraient bien se séparer en deux camps, entre ceux disposés à travailler avec la majorité d’Emmanuel Macron et ceux qui l’excluent absolument. Et de fait, plusieurs raisons pourraient accélérer l'implosion de la droite parlementaire dans les prochains mois. Tour d’horizon.

La poursuite de "l’ouverture" à droite

En nommant des figures de droite au gouvernement (le juppéiste Edouard Philippe à Matignon, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin à Bercy), Emmanuel Macron a libéré les forces centrifuges au sein des Républicains. Malgré le mot d’ordre officiel des dirigeants de LR, qui ont dénoncé des "débauchages" individuels, le fossé s'est creusé entre ceux qui se disent prêts à travailler avec le nouveau pouvoir et ceux qui assument une franche opposition avec le locataire de l’Elysée.

Une fracture stratégique qui en recouvre une autre, idéologique: les premiers sont partisans d’une politique économique libérale et d’une approche progressiste sur le plan des mœurs. Les seconds défendent une ligne plus conservatrice et eurosceptique.

En cas de défaite aux législatives, difficile d'imaginer les "survivants" de l’Assemblée nationale rester unis. Surtout si Emmanuel Macron remanie son gouvernement en y intégrant de nouvelles personnalités de droite.

  • Jean-Pierre Raffarin semble avoir d’ailleurs déjà acté la séparation. Dans un entretien au Figaro le 22 mai, l'ancien Premier ministre a soutenu l'idée d’un groupe de droite "pour soutenir les réformes positives" de l’exécutif. Son nom: "Les constructifs."

La bataille pour la tête de LR

C’est l’autre écueil que Les Républicains vont devoir éviter. Une épreuve à très fort potentiel de division: la bataille pour la présidence de LR, avec le congrès prévu à l’automne 2017.

Faut-il rappeler que la dernière scission du groupe parlementaire de la droite a été causée par une élection interne pour la direction du parti? C’était au cours de la guerre Fillon-Copé, en 2012, quand les partisans du premier avaient lâché le groupe UMP pour créer leur propre groupe dissident, le "RUMP" ("Rassemblement-UMP").

Ils sont déjà plusieurs à envisager de se lancer à l’assaut de LR. Si François Baroin a confié au Figaro n’avoir "pas l’intention de concourir au congrès", plusieurs présidents de région pourraient être tentés d’y aller: Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand ou Bruno Retailleau.

Le premier est celui dont le nom circule le plus ces dernières semaines. Mais sa ligne droitière pourrait pousser les républicains "Macron-compatibles" à prendre leur indépendance. Ce lundi, le mouvement Sens commun, le courant interne proche de la Manif pour tous, a annoncé s’engager pour le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Un épouvantail pour des cadres LR comme Nathalie Kosciusko-Morizet ou Christian Estrosi.

Dans l’entre-deux tours de la présidentielle, le maire de Nice avait exigé l’exclusion de Sens Commun pour avoir refusé de choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau avaient également été ciritiqués pour n’avoir pas appelé explicitement à voter pour le candidat d’En Marche!.

La menace du "ni-ni"

Comme à chaque élection, la question du désistement face au FN en cas de triangulaire au second tour risque de fracturer le parti de droite. Les turbulences ont d’ailleurs déjà commencé. Le 29 mai, François Baroin a enterré le "ni-ni", soit la ligne appliquée par le parti depuis les cantonales de 2011: "ni FN, ni front républicain".

"Les désistements devront faire partie de l’entre-deux tours des législatives", a prévenu le chef de file de LR pour ce scrutin, réclamant au passage qu’En Marche! s’engage dans le même sens.

Pas sûr que l’aile droite des Républicains approuvent cette position. Le lendemain de l’annonce de François Baroin, Jean-François Copé, concepteur du "ni-ni" au côté de Nicolas Sarkozy, critiquait une consigne "prématurée" de la part de son camarade.

Ghislain de Violet