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Bientôt 5 législatives partielles, nouveau test électoral pour l'exécutif

Le Conseil constitutionnel a invalidé l'élection de plusieurs députés depuis les législatives de juin 2017.

Le Conseil constitutionnel a invalidé l'élection de plusieurs députés depuis les législatives de juin 2017. - CHARLY TRIBALLEAU / POOL / AFP

Entre la fin du mois de janvier et le mois d'avril, cinq scrutins auront lieu dans le Val d'Oise, le territoire de Belfort, le Loiret, la Haute-Garonne et la Guyane.

Dans un communiqué publié ce mardi, La République en marche (LaREM) annonce avoir investi des candidats pour deux législatives partielles à venir, dans le Loiret et en Haute-Garonne. Dans les prochaines semaines et d'ici le printemps, au moins cinq scrutins partiels doivent avoir lieu. L'élection de plusieurs députés aux législatives de juin a été annulée par le Conseil constitutionnel, et un nouveau scrutin doit être organisé dans les trois mois.

Ces élections auront lieu les 28 janvier et 4 février dans le Val d'Oise et dans le territoire de Belfort, les 18 et 25 mars dans le Loiret, les 11 et 18 mars en Haute-Garonne et en Guyane au mois de mars également. Autant d'étapes qui serviront de baromètre électoral à l'exécutif, plus de six mois après la victoire d'Emmanuel Macron et alors que de nombreuses réformes ont été enclenchées. 

Val d'Oise: LaREM en position de force

Dans la première circonscription du Val d'Oise, l'élection de la députée LaREM Isabelle Muller-Quoy a été annulée par le Conseil le 16 novembre. En cause, l'inéligibilité de son suppléant, président du conseil des prud'hommes de Pontoise jusqu'au 31 janvier dernier. A cause de sa fonction, le code électoral lui interdisait tout bonnement de se présenter au scrutin du mois de juin.

Isabelle Muller-Quoy, qui avait battu le candidat LR Antoine Savignat (moins de 46% des voix) a choisi de se représenter. Comme le rapporte L'Opinion ce mardi, Edouard Philippe se rendra dans la circonscription pour la soutenir. Chez Les Républicains, aucun déplacement n'est prévu pour l'instant, la droite n'ayant sans doute que peu d'espoir de récupérer cette enclave qui lui appartenait depuis 1988. LaREM semble donc bien placée.

"Sur le terrain, En Marche a désormais des équipes constituées pour faire campagne. Ce n’était pas le cas en juin", reconnaît d'ailleurs un élu LR cité par le quotidien.

Territoire de Belfort: Les Patriotes en embuscade

  • A Belfort, l'élection du député LR Ian Boucard a été annulée le 8 décembre car il avait diffusé des tracts imitant les typographies du FN et de la France insoumise. Le candidat LR se représente, face à Christophe Grudler, du MoDem, qui était arrivé en tête au premier tour des législatives de juin, après avoir été investi par LaREM. François Bayrou devrait se rendre sur place pour le soutenir, tandis que Christian Jacob, le chef de file des députés LR, viendra seconder le candidat de la droite.

Dans cette circonscription, la formation de Florian Philippot, Les Patriotes, qui présente un candidat pour chacun de ces scrutins, sera représentée par Sophie Montel. Cette proche de Florian Philippot est vice-présidente des Patriotes, eurodéputée et conseillère régionale. Lors des législatives de 2015, investie par le FN, elle avait frôlé la victoire dans le Doubs. Un seul député représente actuellement Les Patriotes à l'Assemblée: José Evrard, dernier transfuge du FN.

Loiret: duel LR/LaREM

Dans la 4e circonscription du Loiret, l'élection du député LR Jean-Pierre Door a été annulée le 18 décembre pour propagande électorale illicite: il avait diffusé un message sur Facebook le jour du scrutin, malgré la période de réserve. En outre, le nombre de bulletins de vote ne correspondait pas au nombre des signatures sur le liste d'émargement dans une commune. Mélusine Harle y est à nouveau investie par LaREM, face à Jean-Pierre Door. Un nouveau duel entre le parti de la majorité et celui de la droite aura donc lieu. Au moins de juin, le candidat LR ne l'avait emporté au second tour que grâce à huit voix. 

Haute-Garonne: le PS en péril

Dans la 8ème circonscription de Haute-Garonne, c'est l'élection d'un député socialiste, Joël Aviragnet, qui a été annulée en raison de "plusieurs irrégularités", mais aussi parce qu'une commune (de 64 votants) "n'avait pas transmis la liste d'émargement à la préfecture". Il avait battu le candidat LaREM Michel Montsarrat de 91 voix. Celui-ci a été à nouveau investi par le parti de la majorité. Aux législatives de juin, le Parti socialiste avait perdu huit de ses neuf députés sur les dix élus de Haute-Garonne, Joël Aviragnet ayant été le seul rescapé de cette débâcle.

Du côté de LR, l'identité du candidat qui se présentera n'est pas encore tranchée. La décision pourrait être prise fin janvier, comme le précise France 3 Occitanie, qui indique que l'ancienne députée LR Laurence Arribagé est la favorite de plusieurs membres du parti. Mais l'adjointe au maire de Toulouse ne souhaiterait pas se présenter. 

Guyane: paris ouverts pour LaREM

Dans la deuxième circonscription de Guyane, l'élection du député LaREM Lenaïck Adam a été annulée à cause de l'absence d'assesseurs dans deux bureaux de vote lors du scrutin. Il avait été élu grâce à 57 voix face à Davy Rimane, candidat régionaliste qui se présente à nouveau.

A nouveau investi par La République en marche, il se représente pour l'élection partielle du mois de mars dans un contexte difficile pour l'exécutif localement, comme l'a montré la visite d'Emmanuel Macron dans le département, marquée par des tensions au mois d'octobre. Le candidat LaREM fait actuellement l'objet d'une enquête préliminaire pour harcèlement moral. Une main courante a été déposée contre lui par une ancienne collaboratrice. 

Le Conseil constitutionnel, qui avait au total 55 recours à étudier, doit encore se prononcer sur dix élections. D'autres scrutins partiels pourraient donc avoir lieu dans les prochains mois. 

Charlie Vandekerkhove