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Européennes: crise et division à l'UMP

Jean-François Copé lors d'un meeting pour les élections européennes à Paris, le 21 mai 2014.

Jean-François Copé lors d'un meeting pour les élections européennes à Paris, le 21 mai 2014. - -

Quel que soit le résultat des élections européennes, l'UMP devrait traverser une nouvelle période de crise après le scrutin. En cause, des divisions internes, notamment liées au dossier Bygmalion.

Les affaires, l'UMP s'en serait bien passée en cette veille d'élections européennes. Le principal parti d'opposition aborde le scrutin avec l'ombre du dossier Bygmalion, et un parti divisé.

En 2009, l’UMP, allié au Nouveau centre, était arrivé en tête avec 27,9 % des voix. Désormais parti d'opposition, le parti se lance seul cette fois-ci, et se trouve au coude-à-coude dans les sondages avec le Front national. Pour le premier parti d’opposition, l’essentiel est d’arriver en tête dimanche soir.

Pourtant, il n'a pas réussi à afficher d'unité sur les européennes: les positions eurosceptiques d'Henri Guaino et Laurent Wauquiez ont provoqué de vifs débats internes. L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy l'a d'ailleurs annoncé: il ne votera pas UMP aux européennes. Laurent Wauquiez, lui, n'est pas allé si loin. Mais il a entraîné 37 députés à signer une tribune dans Le Figaro le 25 avril dernier pour une remise en cause de la politique européenne. Ce qui a été peu apprécié au sein du parti.

Copé promet de faire "toute la lumière" sur le dossier Bygmalion

Mais c'est surtout le retour du dossier Bygmalion qui fait tanguer l'UMP. Les principaux responsables du parti sont décidés à demander des comptes à Jean-François Copé. Le président du parti a d'ailleurs convoqué un bureau politique mardi matin pour faire "toute la lumière" sur les méandres du dossier. L'enjeu pour lui est de taille: sa crédibilité, son "honneur", ont été mis à mal dans la presse par des soupçons de favoritisme d'une société de communication (Bygmalion) fondée par deux de ses amis au détriment des finances de l'UMP, essentiellement durant la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012.

L'ancien ministre Pierre Lellouche, qui conteste toute participation à une conférence facturée à l'UMP, et dans laquelle son nom apparaît, a saisi son avocat. Lui-même et deux autres députés UMP, Arnaud Robinet et Dominique Dord (ex-trésorier), sont convoqués lundi par la justice pour être entendus comme témoins.

Dans la perspective des élections, un consensus plus ou moins respecté jusqu'à ces derniers jours s'était établi au sein du parti. On ne parlait pas de ce qui fâche et pouvait nuire à l'unité du mouvement, entièrement "mobilisé" pour arriver en pôle position dimanche. Enjeu: convaincre les électeurs de voter "utile", c'est-à-dire UMP, alors que le Front national est donné en tête par plusieurs sondages.

La tribune de Sarkozy, réconciliatrice?

A quelques jours du scrutin, certains caciques du parti, tel Brice Hortefeux, espèrent que la tribune de Nicolas Sarkozy, publiée jeudi dans Le Point, dans laquelle l'ancien président appelle à une rénovation en profondeur de l'UE, permettra de réconcilier" pro et anti-européens. D'autres, à l'instar de Xavier Bertrand, regrettent que Nicolas Sarkozy n'ait pas explicitement appelé à voter UMP dans cette tribune.

Quoi qu'il en soit, les couteaux sont déjà sortis, prêts à servir. Outre le député Lionel Tardy, qui a écrit une lettre ouverte à la direction de l'UMP pour dire que faute d'éclaircissements, c'est le parti qui "ne survivra pas", le plus virulent est François Fillon. L'ancien Premier ministre n'a jamais digéré le dénouement accepté de sa lutte pour la présidence du parti face à Jean-François Copé fin 2012. Une "élection volée" disait-il alors.

Bygmalion a fait ressortir cette hache de guerre mal enterrée. Jeudi, François Fillon a de nouveau parlé d'"élection volée", ce qui n'est "pas pour rien dans la situation politique difficile d'aujourd'hui". L'avion UMP n'a pas fini de secouer.

A. K. avec AFP