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EDITO - Départs de Bayrou et Sarnez, "une jurisprudence pour tous les ministres"

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Les trois ministres issus du MoDem ont annoncé qu'ils ne participeraient pas au prochain gouvernement. Des départs vus comme une conséquence collatérale de l'enquête sur les assistants parlementaires du parti centriste. Pour les éditorialistes de BFMTV, ces démissions vont faire jurisprudence pour les prochaines personnalités liées à des affaires.

Et de quatre. Depuis lundi et alors que le remaniement ministériel doit être annoncé ce mercredi d'ici 18 heures, quatre ministres ont annoncé leur départ du gouvernement. Parmi eux, trois venus du MoDem: Sylvie Goulard, François Bayrou et Marielle de Sarnez. Tous trois ont été fragilisés par l'enquête sur les assistants parlementaires du parti centriste.

Mais leur départ contraste avec les déclarations répétées d'Edouard Philippe au moment de l'affaire des Mutuelles de Bretagne, autour de Richard Ferrand. Le Premier ministre avait insisté sur le fait que seule une mise en examen pouvait valoir à un ministre de démissionner. Un modèle désormais dépassé, puisque les ministres MoDem démissionnaires ne sont pas mis en examen. Leur départ va faire jurisprudence pour les prochaines affaires, estiment Christophe Barbier et Laurent Neumann, éditorialistes à BFMTV.

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"Désormais, il ne faudra plus nous faire le coup, comme l’a fait Edouard Philippe, de nous dire que c’est la mise en examen qui vaut démission. Ce ne sont peut-être pas les médias qui font démissionner, mais ce sont les médias plus la simple curiosité d’un procureur, la simple curiosité des enquêteurs. Et cela vaudra désormais pour tous les ministres. Il y a eu une sorte de mensonge du gouvernement pendant la campagne des législatives. C’est une jurisprudence: il suffira maintenant qu’un procureur ouvre une enquête préliminaire pour qu’un ministre soit obligé de démissionner pour mieux se défendre. Oui, nous sommes face à un changement de comportement jurisprudentiel."

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"Le mot le plus important, c’est jurisprudence. On vient de passer dans une nouvelle séquence. Désormais, un ministre qui fera l’objet d’une enquête dans la presse ou simplement d’une enquête déclenchée par un procureur sera considéré comme suffisamment fragile pour ne plus pouvoir exercer ses fonctions. Il ne devrait donc pas y avoir dans le gouvernement de membres du MoDem concernés directement ou indirectement par l’enquête en cours."

C.V.