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Devant 5.000 personnes à Lille, Macron à la conquête des ouvriers et de l'école

S'il a dit vouloir rassembler autant à droite autant qu'à gauche et encourager ceux qui entreprennent, Emmanuel Macron a aussi précisé ce samedi à Lille son projet social et pour l'école.

Emmanuel Macron a conclu samedi un déplacement de deux jours dans les Hauts-de-France par un grand meeting à Lille, fief de Martine Aubry, où il s'est réclamé de "l'histoire collective" d'une terre marquée par les combats sociaux.

5.000 personnes, selon les organisateurs, s'étaient ainsi rassemblées et 1.000 ont dû rester à l’extérieur, faute de places disponibles. Parmi ceux qui ont pu écouter le fondateur du mouvement "En marche", figuraient notamment l'ancien président PS de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, et l'ancien président du Conseil économique, social et environnemental, l'ancien ministre de droite, Jean-Paul Delevoye.

Un événement loin des 200 militants rassemblés une semaine plus tôt lors d'une autre réunion publique, à Liévin dans le Pas-de-Calais, et à l'initiative de "l'autre" selon une blague d'un dirigeant associatif chargé d'introduire Emmanuel Macron avant qu'il n'entre sur scène. "L'autre", un terme pour désigner Manuel Valls.

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Macron veut rêver et "imposer sa réalité"

Revenant sur l'histoire ouvrière de ces "terres de combat", où se sont construits de haute lutte les "droits nouveaux" des travailleurs, Emmanuel Macron a appelé son auditoire à "être à la hauteur de cette histoire collective".

"Jamais nous ne devons accepter celles et ceux qui, bafouant cette histoire, voudraient nous faire croire que notre avenir se construit dans l'enfermement, dans le repli, dans l'oubli. Jamais nous ne devons accepter le discours de ceux qui voudraient nous expliquer qu'il faut accepter le monde tel qu'il vient, s'adapter aux injustices, aux incohérences d'une mondialisation parfois devenu folle", a-t-il lancé.

Souhaitant un "prompt rétablissement" à Martine Aubry, qui avait dit son "ras le bol" de ses idées libérales, il a aussi rendu hommage à l'ancien maire de Lille, Roger Salengro, qui "s'est battu contre l'extrême droite" et "en est mort". Et de citer un autre maire de la capitale des Hauts-de-France, Pierre Mauroy: "A force de croire obstinément à ses rêves on finit par imposer sa réalité".

La volonté de 12.000 instituteurs en plus

Creusant son sillon social, en pleine primaire PS, Emmanuel Macron a dévoilé en partie le volet éducatif de son programme présidentiel. L'ancien ministre a notamment proposé de diviser par deux le nombre d'élèves dans les classes de CP et de CE1 situées en zone d'éducation prioritaire, ce qui suppose de mettre devant les élèves 12.000 instituteurs en plus.

Le candidat a déploré une "injustice au carré", soulignant que l'école est "en crise", là où "nous avons concentré les difficultés économiques, sociales, les problèmes d'intégration".

Vendredi, au cours d'un déplacement à Noeux-les-Mines dans le Pas-de-Calais, l'ancien banquier avait déjà déploré que "l'alcoolisme et le tabagisme se (soient) installés dans le bassin minier. Tout comme l'échec scolaire".

Le combat contre le FN, aussi

Cette déclaration, qui n'est pas sans rappeler celle sur les "illettrés" des abattoirs Gad, a fait vivement réagir samedi le Front national, qui a dénoncé dans un communiqué l'"abject mépris de classe" de l'ancien banquier.

Un FN que le candidat est venu défier vendredi à Hénin-Beaumont, se posant en meilleur rempart face "à un parti qui porte la haine, l'exclusion et le repli".

"Quand le Front national nous promet de rétablir des sécurités aux frontières il vous ment", a-t-il fustigé samedi au cours de son meeting. "Ce qu'il nous faut ce sont des contrôles renforcés" aux frontières de Schengen, "une politique commune d'asile", a-t-il prôné, tout en dénonçant une forme de "laxisme" dans le fait que des clandestins ne soient pas reconduits à la frontière.

C.C. avec AFP