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Des paroles et des actes avec Le Pen: l'émission vire au micmac politique

Marine Le Pen sur le plateau de Des paroles et des actes

Marine Le Pen sur le plateau de Des paroles et des actes - Bertrand Guay - AFP

Une levée de boucliers des adversaires de Marine Le Pen et France 2 qui plie dans la nuit de mercredi à jeudi: le contexte de la venue de la présidente du FN et candidate aux régionales à Des paroles et des actes jeudi soir est des plus tendus.

A la tête de la fronde on trouve les patrons des Républicains et du PS. Nicolas Sarkozy et Jean-Christophe Cambadélis ont adressé, mercredi, des courriers au CSA, le gendarme de l'audiovisuel mais aussi à la chaîne publique pour contester l'invitation de Marine Le Pen en guest-star de l'émission politique de France 2 Des paroles et des actes

Même le Premier ministre Manuel Valls a jugé utile mercredi à l'Assemblée nationale de s'interroger sur des invitations supposées trop fréquentes de Marine le Pen à cette émission. Une unanimité qui a fait le bonheur de Marine Le Pen ou de Florian Philippot, trop heureux de brandir la collusion qui unirait selon eux les deux grands partis.

"Réduire le débat #regionales2015 au tripartisme est un scandale antidémocratique #DPDA", a aussi regretté sur Twitter Eric Coquerel du Parti de gauche.

Un "seul leader d'envergure" au FN justifie Pujadas

"Il se trouve que ce parti n'a qu'un leader à l'envergure nationale suffisante pour le représenter dans une telle émission, là où le Parti socialiste ou Les Républicains partagent leur temps de parole en plusieurs voix", explique David Pujadas dans L'Obs. Mais le FN, rappelle-t-il, n'a bénéficié que de "12% du total" de temps de parole de l'émission ces trois dernières années "soit le bas de la fourchette des obligations".

"Globalement, média par média, nous n'avons pas constaté au cours de l'année de déséquilibre majeur" qui "justifie une intervention de notre part", a déclaré Francine Mariani-Ducray, membre du CSA, sur Radio Classique.

La veille, une "expression contradictoire" rapide portée par "une personnalité fortement impliquée" dans la compétition, avait été demandée néanmoins.

Bertrand en duplex du Nord, Saintignon n'a pas encore répondu

Dans les faits, il s'agit de la cinquième fois en trente-six éditions que Marine Le Pen est l'invitée vedette de DPDA mais en période de pré-campagne pour les régionales (6 et 13 décembre), et alors que la présidente du FN est candidate dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, c'en est trop pour les autres concurrents.

En réponse à cette avalanche de critiques, France 2 a invité les candidats Xavier Bertrand (Les Républicains) et Pierre de Saintignon (Parti socialiste) à débattre - pendant trente minutes - dans la seconde partie de l'émission avec leur concurrente à ce scrutin locale. Jeudi avant midi, Pierre de Saintignon réservait encore sa réponse quand Xavier Bertrand a partiellement accepté. Il répondra "en duplex depuis La Chapelle d'Armentières où il tient une réunion publique", a tweeté son directeur de campagne, Gérald Darmanin. On ne sait pas si France 2 a accepté cette option mais le camp Bertrand réclame aussi une heure de débat.

Et si Marine Le Pen ne venait pas? 

Quant à Marine Le Pen, elle a menacé de ne plus participer. "Dans ces conditions, je ne peux accepter l’invitation qui m’a été faite qu’à la condition que le débat envisagé avec messieurs Saintignon et Bertrand remplace les débats initialement prévus avec messieurs Lagarde et Le Foll", a-t-elle déclaré au Monde. La présidente du FN a aussi dénoncé "l'amateurisme total" de France 2 sur Europe 1.

Dans la première mouture de Des paroles et des actes, les débatteurs dévolus à Marine Le Pen étaient (et restent) Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, et Jean-Christophe Lagarde, le président de l'UDI.

Samuel Auffray avec AFP