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Marine Le Pen invitée sur France 2: Cambadélis et Sarkozy vont saisir le CSA

Marine Le Pen est l'invitée Des Paroles et des actes jeudi sur France 2.

Marine Le Pen est l'invitée Des Paroles et des actes jeudi sur France 2. - France 2

Le chef du parti socialiste a écrit à Nicolas Sarkozy pour lui proposer une saisine commune du CSA. Les deux hommes se sont entendus pour envoyer chacun une missive. Ils entendent protester contre la cinquième invitation de Marine Le Pen à l’émission de France 2, Des Paroles et des actes.

L’invitation de Marine Le Pen à l’émission politique de France 2 jeudi suscite les critiques. La présidente du Front national est invitée pour la cinquième fois en 36 éditions de l’émission Des Paroles et des actes. En pleine campagne pour les élections régionales de décembre prochain, et alors que Marine Le Pen est candidate dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Jean-Christophe Cambadélis et Nicolas Sarkozy protestent.

Le premier secrétaire du Parti socialiste en a appelé au président des Républicains. Dans un courrier, Jean-Christophe Cambadélis lui propose de saisir conjointement le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Une requête acceptée. 

"Nicolas Sarkozy et Jean-Christophe Cambadélis se sont parlé par téléphone. Ils partagent la même analyse concernant cette affaire, c'est une violation manifeste de la règle républicaine de l'équité du temps de parole", a-t-on indiqué dans l'entourage de Nicolas Sarkozy.

La principale intéressée n'a pas tardé à réagir. Dans la soirée, Marine Le Pen s'est fendue d'un tweet assassin à l'encontre des deux hommes politiques.

Son lieutenant, Florian Philippot, a choisi l'ironie pour réagir à cette initiative.

Interrogé lors de la séance de question au gouvernement par le député LR du Nord, Sébastien Huyghe, Manuel Valls a jugé sa "question est légitime". "Le CSA doit être saisi pour faire respecter précisément l'équité entre les candidats pour les élections régionales", a répondu le Premier ministre. "En même temps, il faut débattre. C'est pourquoi nous faisons un autre choix que le vôtre. Stéphane Le Foll sera demain dans ce débat, dans cette confrontation."

Différencier son rôle de présidente et de candidate

Au terme de cet entretien, les deux chefs de parti ont pris la décision d'envoyer chacun une lettre au CSA. Dans une lettre dont l'AFP a eu copie, Frédéric Péchenard, directeur général des Républicains, critique France 2 qui "à deux jours du début de la campagne offre une exposition médiatique de grande envergure à un candidat, tête de liste dans l'une de nos 13 régions".

Est-il besoin de rappeler le rôle du service public télévisuel dans notre pays, garant du pluralisme en période électorale ? Est-il besoin de rappeler l'exigence de neutralité, d'équité, et d'honnêteté qui lui incombe ?", demande-t-il, mettant en avant la difficulté de différencier le rôle de présidente de parti et celui de candidate de Marine Le Pen.

Le secrétaire départemental de la fédération LR de Paris met également en avant que "seul Xavier Bertrand" pourrait être susceptible d'être invité pour contre-dire Marine Le Pen, en sa qualité de candidat Les Républicains dans la région Nord-Pas-de-Calais.

En fin d'émission, Marine Le Pen débattra avec Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement et Jean-Christophe Lagarde, le président de l'UDI. Mais cette dose de contradiction n'est pas suffisante pour le chef du PS.

"Deux heures de publicité" pour Marine Le Pen

Dans son courrier, Jean-Christophe Cambadélis propose à Nicolas Sarkozy d'impliquer les candidats respectifs de leur parti. "Cette nouvelle invitation introduit une distorsion dans l’équité médiatique, qui plus est au profit d’un mouvement d’extrême droite. Ceci au moment où dans toute l’Europe, ces mouvements ont le vent en poupe. Voilà pourquoi je vous propose que nous saisissions ensemble le CSA", écrit-il.

"Il n'est pas admissible que le service public fasse plus de deux heures de publicité pour Madame Le Pen au détriment des partis républicains représentés à l'Assemblée nationale (...) Je crois qu'il faut porter un coup d'arrêt à la fascination, à la promotion morbide de l'extrême droite dans le pays", tonne Jean-Christophe Cambadélis. "Une démarche commune sonnerait comme un rappel à l'ordre et aux valeurs de notre pays", conclut-il à l'adresse du président des Républicains.

C. B avec AFP