BFMTV

Des juges vont enquêter sur les dépenses de communication du gouvernement Fillon

François Fillon dans la Sarthe cet été.

François Fillon dans la Sarthe cet été. - Jean-François Monier - AFP

L'ancien Premier ministre est visé par une enquête pour "favoritisme" et "détournement de fonds financiers" par le parquet national financier.

Des juges vont enquêter sur les dépenses de communication du gouvernement Fillon. Le 29 juillet, une information judiciaire a été ouverte sur les dépenses de sondages et de communication dans le gouvernement Fillon. Ces dépenses avaient été épinglées par la Cour des comptes et faisaient l'objet d'une plainte de l'association Anticor.

L'enquête est ouverte contre X pour "favoritisme" et "détournement de fonds financiers" par le parquet national financier.

Deux plaintes d'Anticor

Une première plainte d'Anticor avait donné lieu fin 2012 à l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet de Paris. Fin 2013, Anticor avait déposé une nouvelle plainte avec constitution de partie civile pour obtenir la désignation de juges d'instruction.

L'association se fonde sur un rapport de la Cour des comptes d'octobre 2011 qui épinglait des dysfonctionnements dans les dépenses de communication de plusieurs ministères et de Matignon.

Elle pointe des sondages, campagnes de communication, conseils stratégiques ou services de "media training" fournis à des ministères sans publicité ni mise en concurrence, d'où les soupçons de favoritisme. Dans plusieurs cas, la Cour des comptes jugeait ces contrats non conformes au code des marchés publics, en dépit des arguments invoqués par les ministères. Parmi les contrats visés, dont l'un initié pour le compte du Premier ministre François Fillon, certains étaient passés avec la société Giacometti-Péron et ont donné lieu à des paiements de plusieurs centaines de milliers d'euros. L'un des dirigeants de ce cabinet, Pierre Giacometti, était conseiller de Nicolas Sarkozy lorsqu'il était à l'Élysée. La Cour soulevait aussi la question du "financement, sur deniers publics, de sondages relatifs à l'image personnelle des ministres ou à des sujets éloignés de l'action du gouvernement", ce qui peut constituer aux yeux d'Anticor des détournements de fonds publics. L'association est déjà à l'origine de l'affaire des sondages de l'Élysée.

A. K. avec AFP