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Déconfinement: plus de 300 maires franciliens, dont Hidalgo, demandent de repousser la rentrée à l'école

Une salle de classe d'école primaire (Photo d'illustration)

Une salle de classe d'école primaire (Photo d'illustration) - Wikimedia Commons

Dans une lettre adressée au président de la République, les élus déplorent des délais intenables pour assurer la sécurité sanitaire des enfants et appellent l'État à assumer ses responsabilités.

"Nous nous adressons à vous pour tirer la sonnette d'alarme". Dans une lettre envoyée à Emmanuel Macron, relayée par La Tribune, 316 maires d'Île-de-France, dont Anne Hidalgo, font part de leur inquiétude vis-à-vis de la rentrée scolaire, dont la première étape est prévue le 11 mai. Et demandent "solennellement" à l'État de repousser la réouverture des écoles à une date ultérieure dans les départements classés "rouge".

"Ce calendrier est, dans la plupart de nos communes, intenable et irréaliste. Les conditions sanitaires à mettre en œuvre sont sérieuses et c'est bien normal; cela ne s'improvise pas", est-il souligné par les maires franciliens en début de lettre. 

"Des directives mouvantes"

Si les élus estiment nécessaire de "résorber les inégalités sociales et territoriales" renforcées par le confinement, ils insistent sur le fait que cela ne doit pas se faire au détriment de la sécurité sanitaire des enfants: "Nous avons le sentiment que cet objectif initial a été perdu de vue et qu'il ne pourra être atteint dans ces conditions."

Surtout, ils pointent un manque d'instructions claires de la part du gouvernement, qui laisse aux collectivités locales le soin d'organiser leur rentrée dans des délais qu'ils jugent intenables. Indignés, les élus déclarent: "Nous ne comprenons pas pourquoi l'État se désengage de ses responsabilités en la matière, alors même que l'éducation d'une part, et la santé d'autre part, sont des compétences régaliennes."

Et taclent: "La préparation du déconfinement se fait dans un calendrier à marche forcée, alors que nous n'avons pas encore toutes les informations pour préparer la population, et que les directives sont mouvantes."

"Il faut nécessairement plus de temps"

Invité de BFM Paris ce lundi, Stéphane Beaudet, maire d'Évry-Courcouronnes et président de l'Association des maires d'Ile-de-France, a assuré que cette tribune - qu'il a lui-même signée - n'est "pas une fronde", mais "une demande d'éclaircissement, de patience et d'écoute". Selon lui, si le protocole sanitaire transmis par le gouvernement est "nécessaire" pour le bon accueil des enfants à l'école, il reste "très compliqué" et "profondément inapplicable pour énormément de communes". 

"Il y a un faux débat derrière tout ça: c'est pas l'école qu'on rouvre, c'est un mode de garde pour les enfants, juge le maire. On va mélanger les niveaux, on va avoir des enseignants qui ne seront pas spécialisés sur tel ou tel niveau, on va sans doute avoir une dichotomie."

Même son de cloche du côté de Sarcelles dont le maire PS, Patrick Haddad, estime qu'il faut "nécessairement plus de temps" aux maires pour se préparer à la rentrée, qui sera "très limitée" dans sa ville.

"Nous sommes en train de regarder pour ouvrir avec quelques jours de décalage, mais les retours que nous avons des parents d'élèves et de nos enseignants sont très négatifs", explique l'édile au micro de BFM Paris. "Nous sommes partis pour ouvrir aux enfants qui n'ont pas d'autres solutions, pour qu'ils puissent être accueillis, mais de manière très limitée."

Selon Patrick Haddad, les maires n'ont simplement a pas assez d'éléments et d'anticipation pour mettre les choses en place de façon correcte et bien organisées".

Florian Bouhot et Juliette Mitoyen