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Couvre-feu, télétravail, nouvelles aides: ces mesures à l'étude avant l'interview d'Emmanuel Macron

Mercredi, Emmanuel Macron accordera une interview télévisée. L'occasion de marquer une nouvelle inflexion de la communication présidentielle face à la crise sanitaire, et d'annoncer de nouvelles mesures. Ses proches dévoilent les contours de cette prise de parole ce lundi à BFMTV.

Après un conseil de défense avancé à mardi matin, Emmanuel Macron dévoilera, à travers un entretien télévisé ce mercredi à partir de 19h55, les nouvelles mesures promues par l'exécutif afin de réduire la diffusion du Covid-19. Si d'ici-là beaucoup reste à préparer, plusieurs conseillers et proches du chef de l'Etat nous ont livré ce lundi soir les contours de cette intervention, ses objectifs et l'esprit qui l'animera.

On peut résumer la feuille de route fixée par Emmanuel Macron en vue de mercredi en trois verbes: alerter, expliquer, positiver.

Emmanuel Macron devrait aborder le chapitre du lancement d'une nouvelle application après l'échec cinglant de StopCovid, symboliquement enterrée le 24 septembre dernier quand, sur le plateau de France 2, Jean Castex a admis ne l'avoir lui-même pas téléchargée. "StopCovid, ça n'a pas marché, c'est comme ça", enfonce un proche du président de la République.

L'héritière de "StopCovid", baptisée "Alerte Covid", s'annonce comme une application de contact mais aussi une base de données proposant des informations, des chiffres sur la situation sanitaire et l'évolution de l'épidémie, y compris à l'échelon local.

Le dilemme autour de la vie privée

De surcroît, le président de la République devrait évoquer la sphère privée, qui aimante les craintes du gouvernement. "La vie privée, c’est un gros sujet d’inquiétude. Les soirées estudiantines, les réunions familiales. Mais on ne peut rien interdire", a glissé l'un des conseillers du président de la République. "C'est impossible à contrôler. A part marteler, marteler, marteler, l'action politique s'arrête au seuil de la porte des Français", dit-on encore de même source, avant d'ajouter: "Sauf s’il y a un couvre-feu, mais personne ne veut en arriver là".

Si tous évoquent le couvre-feu comme potentiel et ultime recours, nos interlocuteurs ont également été unanimes à souligner qu'ils n'avaient pas d'information sur ce point.

"Le président ne peut pas annoncer que des mauvaises nouvelles"

Le chef de l'Etat se chargera par ailleurs de révéler des mesures de soutien destinées aux professionnels, à commencer par les métiers de l'hôtellerie et de la restauration ou de la culture. Des bruits concernant des dispositifs de plus long-terme censés venir en aide aux secteurs frappés de plein fouet par l'épidémie et ses conséquences sociales circulent également. "Le président veut aussi que les Français se rendent compte que leurs efforts payent, des territoires repassent en vert", ponctue un conseiller.

"Le président de la République ne peut pas annoncer que des mauvaises nouvelles. Il doit montrer qu'il protège, il veut aussi donner de l'espoir", nous est-il encore expliqué.

Prise de conscience

L'interview télévisée d'Emmanuel Macron semble découler d'une épiphanie. "Il y a prise de conscience, au sommet de l'Etat, que les gens ne comprennent plus rien", a ainsi éclairé un de ses proches, développant: "Emmanuel Macron nous a dit pendant une réunion que notre stratégie n’était pas suffisamment lisible. Il veut faire la pédagogie lui-même."

Pour ce membre de l'entourage d'Emmanuel Macron, il faut lier cet "exercice de pédagogie" aux réponses aux "questions que se posent les Français". Il a listé deux types d'interrogation:

"Pourquoi est-ce qu'on ne reconfine pas les gens à risque, les Ehpad, les personnes aux affections au long cours, maladies chroniques? Et le télétravail? Les transports sont bondés, et tant que le message ne vient pas du plus haut sommet de l'État, les chefs d'entreprises et les RH ne sont pas prêts à remettre en place le télétravail. Ça remonte de partout. C'est potentiellement un des axes majeurs de la lutte contre la deuxième vague, et on voit bien que jusqu'ici, les 'incitations' ne fonctionnent pas."
Le service politique de BFMTV, avec Robin Verner