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Covid-19: l'exécutif en ordre de bataille pour lancer la campagne de vaccination

Le Premier ministre Jean Castex et le président Emmanuel Macron, le 14 juillet 2020 à Paris

Le Premier ministre Jean Castex et le président Emmanuel Macron, le 14 juillet 2020 à Paris - Ludovic Marin

Les premiers vaccins pourraient être disponibles en France d'ici janvier. L'organisation de la campagne vaccinale bat son plein au gouvernement, afin de proposer rapidement un plan clair aux Français.

Le cadre de la campagne de vaccination anti-Covid en France s'organise de plus en plus clairement, alors qu'Emmanuel Macron a préempté le sujet lors de son allocution de mardi dernier, annonçant que certains vaccins "seront disponibles dès la fin décembre, début janvier".

Toutefois, la France ne disposera pas de suffisamment de doses pour vacciner toute sa population dès le mois de janvier. Selon les informations de BFMTV, plusieurs réunions ont ainsi eu lieu ces dernières semaines à l'Elysée, afin d'établir une stratégie vaccinale. La dernière en date se déroulait vendredi dernier et a notamment réuni autour d'Emmanuel Macron, Jean Castex, Olivier Véran, Roselyne Bachelot ou encore Frédérique Vidal.

Une large partie du Conseil de défense sanitaire prévu mercredi matin sera également consacrée au lancement de la campagne de vaccination.

· Quelle stratégie est déjà en place?

Les recommandations de la Haute Autorité de Santé sur la stratégie vaccinale ont été publiées lundi et détaillent cinq phases, qui listent chacune les individus à vacciner en priorité. Comme cela avait déjà été annoncé, les personnes les plus fragiles, notamment les plus âgées, ainsi que le personnel soignant, seront prioritaires à l'arrivée des premières doses.

Toutefois, malgré les débats sur le sujet, le président français a précisé que la vaccination ne serait pas obligatoire.

Le gouvernement a également mis en place une "task force vaccin". Pilotée par le haut fonctionnaire Louis-Charles Viossat, ancien directeur du cabinet de Jean-François Mattei au ministère de la Santé, ce "commando" est responsable de toutes les questions logistiques liées au déploiement des vaccins: approvisionnement, stockage ou encore conservation.

· Que reste-t-il à faire?

Emmanuel Macron a précisé la semaine dernière que pour "garantir la sécurité sanitaire, un comité scientifique sera chargé du suivi de la vaccination" et "un collectif de citoyens sera aussi mis en place pour associer plus largement la population". Selon les informations de BFMTV, ce conseil citoyen sera mis en place dans les dix jours qui viennent, ou au moins avant Noël, via le Conseil économique et social (CESE).

Il a notamment pour but de rassurer la population en incluant des citoyens, car elle reste très méfiante à l'égard d'un vaccin contre le Covid-19. Selon le dernier sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi 25 novembre, près d'un Français sur deux déclare en effet qu'il ne compte pas se faire vacciner contre ce coronavirus.

Le chef de l'Etat est également en train de choisir le "Monsieur Vaccin", soit la personne qui sera chargée d'accompagner la campagne de vaccination, notamment en terme de communication. D'après les informations de BFMTV, Emmanuel Macron souhaite qu'il s'agisse d'un scientifique, ce qui permettrait de rassurer les Français. Son visage pourrait être révélé cette semaine.

· Expliquer l'intérêt et les limites du vaccin

Outre le côté purement organisationnel de la stratégie vaccinale, l'exécutif doit retrouver la confiance des Français, en leur présentant un plan vaccinal clair, transparent et compréhensible, qui ne soulève pas davantage de questionnements: il va falloir expliquer que le vaccin est utile et détailler les phases de vaccination.

Il s'agit aussi d'expliquer que le vaccin ne changera pas d'un claquement de doigts la situation actuelle: il n'y a pas encore de certitude qu'un vaccin empêche les contaminations, il reste une possbilité d'être contagieux, et des effets secondaires non connus sont toujours possibles.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a encore assuré dimanche, dans le JDD que la vaccination "commencera quand on aura toutes les garanties, et nous mettrons tout en oeuvre pour être alors opérationnels. Il est hors de question de dire aux Français: 'nous pourrions démarrer la vaccination, mais nous ne sommes pas prêts'", explique-t-il, soulignant toutefois qu'en santé, "le risque zéro n'existe pas".
Anne Saurat-Dubois avec Salomé Vincendon