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Comment sont protégés les candidats à l'élection présidentielle?

Sécurité renforcée lors du déplacement de François Fillon à Nice le 17 avril 2017.

Sécurité renforcée lors du déplacement de François Fillon à Nice le 17 avril 2017. - Valery HACHE / AFP

L'attentat déjoué ce mardi à Marseille remet sur la table la question de la sécurité des candidats à l'élection présidentielle. Si une protection est offerte par le ministère de l'Intérieur à chaque candidat, son degré diffère suivant la notoriété et le risque qui règne autour de chacun d'entre eux.

Attentat déjoué, enfarinage, gifle,... Les candidats à l'élection présidentielle sont quotidiennement menacés. Et le ministre de l'Intérieur en a conscience. Si lors des primaires les candidats devaient adresser une demande au ministère pour pouvoir bénéficier d'une protection, celle-ci est automatiquement attribuée aux onze prétendants officiels à la présidence.

Cette protection est assurée par le service de la protection de la police nationale, plus communément appelé SDLP - anciennement SPHP, service de protection des hautes personnalités - qui se charge de protéger les élus, anciens élus, dirigeants étrangers et personnalités particulièrement menacées sur le territoire français. La sécurité est mise en place dès le mois de mars.

Une protection différenciée suivant la notoriété des candidats

Cette protection se traduit principalement par la présence permanente de gardes du corps autour des candidats. Pour donner un ordre de grandeur, Benoit Hamon bénéficie de 10 policiers, Jean-Luc Mélenchon de 8 et Emmanuel Macron de 7. Les effectifs du SDLP attribués ne sont donc pas les mêmes d'un candidat à l'autre. Ils varient suivant la notoriété du candidat, et de la menace potentielle qui pèse autour de celui-ci. 

Une décision arbitraire qui contrarie certains candidats moins médiatiques. Le directeur de cabinet d'un candidat préférant rester anonyme a déclaré au JDD :

"Pour nous les "petits candidats", rien n'a changé par rapport à la protection mise en œuvre depuis le début de la campagne. Mais bien entendu, si les "gros candidats" sont davantage protégés, nous réclamons nous aussi des renforts policiers, parce que nous aussi, nous sommes des cibles potentielles! Au fil des meetings, la sécurité nous paraît parfois quand même assez légère."

D'après les informations BFMTV, certains candidats moins exposés médiatiquement font eux-mêmes le choix de se délecter des services de protection proposés par le ministère de l'Intérieur. C'est le cas de Jean Lassalle, Philippe Poutou ou encore Nathalie Arthaud, dont les gardes du corps ne sont autres que leurs militants.

"Je ne change rien à ma vie, nous faisons une campagne militante avec nos moyens habituels, c'est-à-dire des moyens très réduits", s'est exprimée la candidate de Lutte Ouvrière ce mardi au micro de BFMTV. "Nous restons vigilants mais la menace terroriste est une réalité qui pèse sur la tête de tous dans le pays. Je ne me sens pas plus visée qu’un autre."

Sécurité renforcée suite à l'attentat déjoué de Marseille

L'attentat déjoué ce mardi à Marseille pousse le ministère de l'Intérieur à renforcer la sécurité autour des candidats. Les services de sécurité des candidats avaient par ailleurs été prévenus jeudi dernier d'une menace d'attentat lors de l'élection présidentielle, ce qui leur a permis de prendre des mesures nécessaires avant toute tentative.

Le meeting de François Fillon vendredi dernier à Montpellier a reçu un dispositif de sécurité exceptionnel, avec la mise en place d'unités d'intervention du RAID et des tireurs d'élite. Il en a été de même pour celui d'Emmanuel Macron lundi à Paris Bercy. Une opération indispensable selon le délégué syndical alliance SDLP Pierre François Degand, qui s'est exprimé ce mardi au micro de BFMTV :

"On a bien sûr renforcé la sécurité de l’ensemble des candidats. Et pour les candidats dont on avait des menaces plus précises, on a encore plus mis l'accent. L’important c’est l’humain, on ajoute beaucoup d'officiers de sécurité, des conducteurs de sécurité et puis bien sûr on renforce le matériel, avec des véhicules spécifiques, des kevlars, de l’armement, tout ce qu’on peut mettre autour d’un candidat pour qu’il soit en sécurité. [...] On doit se situer à moins d'un mètre du candidat, voire se coller contre lui.“

La sécurité va continuer à s'intensifier dans les prochains jours. Elle sera particulièrement accrue le week-end prochain pour le premier tour. Le ministère de l'Intérieur a annoncé que cinq personnes supplémentaires des renseignements seront assignées à chaque candidat. D'après Jean Revalet, consultant BFMTV sur les risques sécuritaires et terroristes, la principale menace aura lieu pendant "l’entre deux tours pour les candidats qui seront retenus pour le second tour".

Céline Penicaud