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Claude Bartolone a ressenti une "blessure amicale et personnelle" à cause de François Hollande

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- - Claude Bartolone, le Président de l'Assemblée nationalePatrick KOVARIK / AFP

Selon François Hollande, Claude Bartolone n'a "pas l'envergure" d'un Premier ministre. Ces propos ont heurté l'intéressé comme celui-ci l'a expliqué ce lundi sur France Inter.

Un véritable ami ne devrait pas dire ça. C'est visiblement ce que pense le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone. Ce lundi, sur France Inter, à l'antenne de laquelle il a déclaré son soutien à Manuel Valls, il est revenu sur la fin de ses relations personnelles avec le chef de l’Etat, François Hollande. Claude Bartolone a dit ne continuer à voir ce dernier seulement dans le cadre des "relations normales entre le président de la République et le président de l’Assemblée nationale".

Ni envergure ni charisme

Le sujet de la discorde entre les deux hommes tient, encore et toujours, au livre d’entretiens publié par les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme Un président ne devrait pas dire ça. Lors de l’une des entrevues accordées aux reporters du Monde, François Hollande avait confié que, selon lui, Claude Bartolone n’avait "pas l’envergure" d’un Premier ministre. Au moment de détailler ce constat sans appel, le président de la République avait même été plus terrible: "Il n’est pas très connu, et, le jour où il le deviendrait, il n’a pas un charisme considérable." Ce manque supposé de charisme est d'ailleurs resté en travers de la gorge du pensionnaire de l'Hôtel de Lassay qui l'a cité à la radio. 

Auparavant, il avait été dit que Claude Bartolone devait son éloignement de l’Hôtel Matignon, où il souhaitait officier, à une déclaration, jugée trop virulente, appelant à une "confrontation politique" avec l’Allemagne. La raison en était donc plus prosaïque.

"C'est très difficile"

Désormais, les liens entre Claude Bartolone et François Hollande sont donc strictement professionnels et la détente n’est pas en vue pour les deux anciens amis. C’est en tout cas ce que le premier a laissé entendre sur France Inter: "Vous savez, quand vous avez une blessure amicale et personnelle, c’est très difficile. Je sais gérer ce qui relève de l’institutionnel et ce que peut représenter l’absence de relations plus amicales."

Il a en revanche dénié toute influence dans le choix de François Hollande de ne pas solliciter un second mandat. Quelques jours avant le renoncement du chef de l’Etat, le président de l’Assemblée nationale avait voulu pousser Manuel Valls et François Hollande à s’affronter lors de la primaire de la gauche.

R.V.