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Christian Estrosi: "Aux Républicains, on s'est trompé d'adversaire"

Christian Estrosi

Christian Estrosi - BFMTV

Christian Estrosi, maire de Nice, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC. Il a analysé le désastre des européennes pour son parti, deux jours après la démission de Laurent Wauquiez. Il a appelé à un recentrage des Républicains.

L'heure est au drame aux Républicains. Près de dix jours après de calamiteuses européennes, deux jours après le départ de Laurent Wauquiez de la tête du mouvement, chaque personnalité émargeant à droite est sommée de livrer ses explications sur l'errance de LR. Ce mardi matin, Christian Estrosi, maire de Nice, ex-président du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, ex-ministre de François Fillon sous Nicolas Sarkozy, a apporté les siennes sur BFMTV-RMC.

"Les électeurs ont envoyé un message très clair" 

"L'échec de Laurent Wauquiez, c'est de s’être trompé. J’ai l’impression que les résultats démontrent qu’on s’est trompé d’adversaire. Je l’ai dit il y a deux ans déjà. En 2015 j’ai gagné aux régionales grâce à un grand rassemblement, et Xavier Bertrand dans les Hauts de France également", a-t-il rappelé. Or, a-t-il repris, "on a estimé que l’adversaire c’était le président. Et maintenant nous voyons que le vainqueur des européennes c’est le RN. Il fallait donc plutôt soutenir les réformes dont notre pays a besoin et nous opposer à celles qui ne sont pas dans notre projet mais pas de manière sectaire".

Le Niçois a insisté: "Les électeurs ont envoyé un message très clair. Ils ont dit: 'Le sectarisme ça suffit'. Ils veulent l’intérêt général." Et cet avis l'emmène à suggérer l'idée d'un partenariat entre La République en marche et son camp: "J’estime qu’à un moment, dès lors que les politiques conduites par la majorité actuelle ressemblent pour l’essentiel à des réformes que nous-mêmes conduirions, rien ne s’oppose à ce que nous constituions une coalition."

Les quatre questions 

Enfin, s'il semble déterminé à demeurer aux Républicains, il a tout de même conditionné son maintien au refus de tout accord avec le Rassemblement national, avant de formuler quatre questions auxquelles sa famille politique devrait selon lui répondre au moment de se repenser:

"Sommes-nous d’accord pour que le renouveau parte des territoires et ne soit pas accaparé par des états-majors parisiens? Sommes-nous d’accord pour ouvrir nos lignes vers la société, l’économique, le social ? Sommes-nous d’accord pour rompre avec l’idée de faire route tout seul? Enfin, sommes-nous d’accord pour dire que nous ne voulons pas voir l’extrême droite à ce niveau dans le pays?"

Et si les Républicains devaient rétorquer négativement à l'une ou l'autre de ces interrogations? "Je prendrai mes distances", a-t-il assuré.
Robin Verner