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Ces élus locaux qui veulent faire front commun contre Macron

Hervé Morin, Dominique Bussereau et François Baroin le 3 juillet 2019 à Paris.

Hervé Morin, Dominique Bussereau et François Baroin le 3 juillet 2019 à Paris. - JACQUES DEMARTHON / AFP

Mercredi et jeudi, maires, départements et régions se retrouvent à Marseille. Edouard Philippe ne viendra pas s'exprimer cette fois, alors qu'il est traditionnellement invité. Plusieurs ministres feront cependant le déplacement.

Pour dénoncer la politique du gouvernement, les territoires ont choisi la solidarité. Les maires, départements et régions se retrouvent à partir de mercredi à Marseille, pour deux jours d'échanges sous la houlette de François Baroin, le président de l'AMF (Association des maires de France), de Dominique Bussereau, à la tête de l'ADF (Assemblée des départements), et de Hervé Morin, qui pilote les régions. Depuis quelques mois, tous trois protestent contre les orientations du gouvernement et regrettent un manque de dialogue avec l'exécutif.

"Il y a une très forte exaspération des élus. Avec ce meeting, nous voulons nous adresser à l'opinion publique", affirme Hervé Morin, le président centriste de Régions de France, interrogé par l'AFP. "La question est: est-ce que la morgue technocratique continue à l'emporter sur l'efficacité politique ou est-ce qu'on retrouve un peu de bon sens?", soutient-il. La journée de mercredi sera marquée par le rassemblement des élus, dont Hervé Morin a eu l'idée, d'après nos confrères de L'Opinion.

Morin, Baroin et Bussereau alliés

"On a décidé de faire mouvement commun. Je ne prendrai pas une initiative qui ne soit pas coordonnée avec eux, explique François Baroin. On s’entend bien, on se respecte", ajoute le président de la région Normandie au quotidien libéral. "Il y a une vraie confiance entre nous trois. Bussereau est le plus tempéré. Baroin est toujours très solidaire. Je suis le cogneur".

Jeudi se tiendra le Congrès des régions de France, et à l'issue de ces deux jours, une charte sera rendue public, appelant à une nouvelle étape de la décentralisation. Gérard Larcher, le président du Sénat qui presse le gouvernement "de retrouver le chemin du dialogue avec les collectivités", sera lui aussi de la partie. Une association sera aussi lancée, croit savoir Le Figaro, qui sera baptisée Territoires unis. 

Si plusieurs ministres ont été conviés, dont Elisabeth Borne aux Transports, Jean-Michel Blanquer à l'Education, ou encore Frédérique Vidal à l'Enseignement supérieur, Edouard Philippe ne s'y exprimera pas, alors qu'il est habituellement convié. De là à y voir un signe des tensions entre l'exécutif et les collectivités? Le torchon brûle depuis déjà de longs mois et s'est manifesté notamment en juillet, avec l'échec de la Conférence nationale des territoires. Les représentants des régions, des départements et des maires avaient annoncé au coeur de l'été leur retrait de cet organe inauguré un an plus tôt par le chef de l'Etat.

Ils ne veulent pas être vus comme "des opposants"

Hervé Morin reproche notamment à Emmanuel Macron et à Edouard Philippe de n'avoir pas de "relais locaux". "Ils ont un schéma dans lequel leurs parlementaires sont absents des territoires et ne pèsent rien et là ils se sont opposés à des gens qui voulaient participer au redressement de la France", poursuit-il dans le quotidien. Avec ses alliés, ils réfutent l'étiquette d'opposants, et regrettent d'être traités avec mépris.

"Ce qui nous énerve, c’est quand on nous dit qu’on fait cela car on est des opposants. Je ne suis ni dans l’opposition, ni dans la majorité", défend par exemple Dominique Bussereau.
"Etre traité comme des lobbys, s’entendre dire qu’on est des conservateurs clientélistes qui ne comprennent rien à ce qui se passe dans le pays est une erreur et la preuve d’un mépris stupide, alors que le maire impose plutôt le respect par son sens de l’intérêt général", abonde aussi François Baroin, également cité par le quotidien libéral. 

Alors que d'autres rendez-vous communs sont prévus dans les mois à venir, l'exécutif, accusé d'être enfermé dans une visions très "parisienne", prend-t-il la mesure de cette grogne? "Ils sont en panique", avance dans Le Figaro un élu des régions de France certain que plusieurs ministres ont été sollicités pour renouer le dialogue. En septembre, Dominique Bussereau a été reçu par Edouard Philippe puis Emmanuel Macron. Devant les membres de France Urbaine (grandes villes et agglomérations) réunis à Paris le 19 septembre, le Premier ministre a plaidé pour "une décentralisation assumée", qui repose "autant que possible sur la confiance". Disant "entendre la critique sur le retour de l'Etat jacobin et centralisateur", il l'a décrite comme "classique". 

Charlie Vandekerkhove