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Castaner, une ascension politique au cœur de la Macronie

Christophe Castaner

Christophe Castaner - LUDOVIC MARIN / AFP

En moins de deux ans, Christophe Castaner est passé du statut de député socialiste anonyme à celui de patron du premier parti de France.

Il est le bon soldat de la macronie, le fidèle de la première heure, l'homme de confiance du Président: Christophe Castaner, dont la candidature ce mercredi au poste de délégué général de La République en marche - évidemment pilotée par l'Élysée -, vaut désignation à la tête du parti présidentiel, escalade un nouvel échelon.

Le costaud - au propre comme au figuré - du gouvernement suit, dans le sillage d'Emmanuel Macron, une trajectoire ascensionnelle fulgurante, de simple député socialiste en 2016 à "patron" de LREM, premier parti de France avec 380.000 adhérents revendiqués. Le quinquagénaire assume son ambition, parlant d'une carrière au "cliquet": monter cran par cran sans jamais redescendre.

"Tous les politiques ont de l’ego. Ou alors ils mentent", expliquait-il dans Libération. "Il y a peu, je téléchargeais encore La Provence à 5 heures du matin pour voir s’il y avait ma photo dans l’édition du jour."

ADN macroniste

Conquis par le fondateur d'En Marche! lorsque ce dernier était encore ministre de l'Économie, le député-maire de Forcalquier, dans les Alpes-de-Haute-Provence, a été l'un des premiers élus socialistes, avec Richard Ferrand et Gérard Collomb, à basculer dans le camp macroniste, dès 2016. Pendant le travail parlementaire sur la loi Macron, dont il est l'un des rapporteurs, Christophe Castaner tombe sous le charme, comme il le raconte au Point:

"J'assume cette dimension amoureuse. Mon niveau d'exigence envers moi-même est tel que si je dois avoir un chef, je dois avoir de l'admiration pour lui. Et Emmanuel est fascinant. Tout l'est chez lui: son parcours, son intelligence, sa vivacité, sa puissance physique même..."

"J'étais l'un des rares à avoir totalement l'ADN Macron", explique-t-il. Social-démocrate revendiqué, Christophe Castaner est entré en politique pour "défendre Michel Rocard", personnalité commune du panthéon politique du président de la République et de son fidèle lieutenant.

"Kéké" populaire

À l'aise devant les caméras, il devient, pendant la campagne présidentielle, le porte-parole du candidat. "J'ai fait une session avec Laurent Fontaine (ex-animateur sur TF1, NDLR), qui formait aux médias à En Marche, mais c'est tout", raconte le macroniste à Marianne

Le juriste de formation est populaire dans les rangs de LREM, dont il prendra bientôt la direction. 

"À part Griveaux, tout le monde voulait que ce soit 'Casta'", persifle dans Le Monde un ministre proche de l'Élysée. 

Simplicité, humour et bonhomie sont sa marque de fabrique. S'il frôle souvent la caricature - ses détracteurs le qualifient volontiers de "kéké" - son style tranche avec le sérieux technocratique des jeunes macronistes parisiens.

"Piston essentiel"

En tant que porte-parole du gouvernement, également chargé des Relations avec le Parlement, Christophe Castaner a su se faire apprécier, notamment à Matignon. Malgré quelques balourdises sur le général De Villiers, le glyphosate ou la chanteuse Rhianna, il est considéré comme un "piston essentiel dans la machine gouvernementale". Dans Libération, l'entourage d'Édouard Philippe rectifie l'image de Christophe Castaner:

"Derrière le côté 'Casta et son orchestre', c’est tout sauf un bourrin. Il est même très fin. Il manie une rhétorique simple plutôt que de débiter de l’élément de langage à la chaîne, pour que ça imprime. Tout ça est très affûté."

Un atout dont le gouvernement devra donc se passer, alors même qu'il était l'un des rares ministres à "imprimer" dans l'opinion. 
Louis Nadau