BFMTV

"Ça me gêne de voir mon nom galvaudé": Paul Bismuth réagit avant l'ouverture du procès de Sarkozy

Il porte le même nom que celui choisi par l'avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog, pour ouvrir une ligne téléphonique cachée avec l'ancien président.

C'est son nom que Nicolas Sarkozy a emprunté pour communiquer avec son avocat sur une ligne secrète. Quelques heures avant l'ouverture d'un procès sans précédent, le "vrai" Paul Bismuth rappelle ce lundi sur BFMTV "qu'il n'a rien à voir avec cette affaire" des "écoutes", qui vaut à l'ancien président de comparaître aux côtés de son avocat Thierry Herzog et de l'ex-haut magisrat Gilbert Azibert.

"Thierry Herzog était un camarade de classe", explique ce commerçant et promoteur immobilier domicilié en Israël. "Un jour, il était assis à une terrasse de café avec un autre camarade de classe. Ils ont évoqué mon nom en discutant du bon vieux temps."

"Je veux juste qu'on me foute la paix"

"Ça me gêne terriblement de voir mon nom galvaudé et propagé", poursuit-il. Et de déplorer: "Aujourd'hui, ce n'est plus l'affaire Nicolas Sarkozy, c'est l'affaire "Paul Bismuth."

En novembre 2014, huit mois après les révélations sur cette ligne secrète, l'homme avait publié une lettre ouverte sur Mediapart où il réclamait qu'on "lui rende son nom". "Cela fait maintenant huit mois que mon nom est devenu un sobriquet, une source de moquerie", expliquait-il alors, annonçant cependant qu'il ne porterait pas plainte contre l'ancien avocat.

"Je n'attends rien du procès qui vient", insiste-t-il sur notre antenne. "Ca m'est égal, je veux juste qu'on me foute la paix."

Nicolas Sarkozy jugé pour corruption

L'affaire des "écoutes" trouve son origine dans un autre dossier judiciaire qui menace Nicolas Sarkozy: les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007 qui lui valent une quadruple mise en examen.

Dans ce dossier, les juges avaient décidé en septembre 2013 de placer l'ancien président sur écoute et découvert, début 2014, qu'il utilisait une ligne secrète, sous l'alias "Paul Bismuth", pour communiquer avec Thierry Herzog.

Selon l'accusation, certaines de leurs conversations ont révélé l'existence d'un pacte de corruption: Nicolas Sarkozy a, par l'intermédiaire de son avocat, envisagé d'apporter un "coup de pouce" à Gilbert Azibert pour un poste à Monaco qu'il convoitait - et qu'il n'a jamais obtenu.

En contrepartie, ce haut magistrat a fourni des informations couvertes par le secret sur une procédure engagée par l'ex-chef d'État devant la Cour de cassation en marge de l'affaire Bettencourt.

Cyrielle Cabot Journaliste BFMTV