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Aubry face à la colère des sénateurs socialistes

Martine Aubry a rencontré mardi les sénateurs socialistes qui refusent d'appliquer à partir de 2011 le non-cumul des mandats, dont elle a fait l'un des piliers de la rénovation du PS. /Photo prise le 28 avril 2010/REUTERS/Benoît Tessier

Martine Aubry a rencontré mardi les sénateurs socialistes qui refusent d'appliquer à partir de 2011 le non-cumul des mandats, dont elle a fait l'un des piliers de la rénovation du PS. /Photo prise le 28 avril 2010/REUTERS/Benoît Tessier - -

Martine Aubry a rencontré mardi les sénateurs socialistes qui refusent d'appliquer à partir de 2011 le non-cumul des mandats...

PARIS (Reuters) - Martine Aubry a apaisé mardi la colère des sénateurs socialistes qui refusent d'appliquer dès 2011 le non-cumul des mandats dans l'espoir de faire basculer la chambre haute à gauche pour la première fois depuis 1958.

Des "dérogations marginales" seront possibles lors du scrutin de septembre 2011, a expliqué à la presse le premier secrétaire du PS, qui envisageait pourtant la semaine dernière de ne faire aucun "cas particulier" pour le Sénat.

La rencontre de deux heures au Sénat s'est déroulée dans un "très bon climat", selon l'entourage de la maire de Lille.

"Ni guerre de tranchées ni débat de postures" mais une "explication assez franche", rapporte le sénateur de Paris David Assouline.

Côté Aubry, on met en avant que le principe de non-cumul n'est contesté par personne. Dans son propos liminaire, le premier secrétaire a souligné que, pour remporter la présidentielle de 2012, "l'image du Parti socialiste (était) essentielle".

"Pour gagner toutes les élections qui arrivent (cantonales en mars 2011, sénatoriales et présidentielle), le non-cumul est un gage de crédibilité sinon nous avons peu de chances", a-t-elle assuré.

La maire de Lille, qui n'a pas brigué de nouveau mandat de député en 2007, a donc prévenu qu'elle mettrait en pratique le non-cumul, condition sine qua non du renouvellement des élus, la diversité sur les listes électorales, la parité totale dans les instances et les primaires présidentielles.

Tous ces principes ont été validés à de très fortes majorités par les militants lors d'une consultation interne sur la rénovation du PS à l'automne dernier.

Si "dispositions transitoires sur un laps de temps court" il devait y avoir pour les sénatoriales de 2011, il n'est pas question qu'un maire, un président de conseil général ou régional puisse cumuler, souligne-t-on dans l'entourage de Martine Aubry.

"PERSONNALITÉS INCONTOURNABLES"

Plusieurs sénateurs ont rué dans les brancards pendant la rencontre, parmi lesquels des ténors de la vie politique française, comme Pierre Mauroy ou Robert Badinter, qui ont recommandé la prudence au premier secrétaire du PS.

"Nous avons approuvé qu'il y ait une règle: le non-cumul, mais aussi qu'il y ait des exceptions qui confirment la règle", a expliqué à Reuters David Assouline. "On pourra, dans des endroits ciblés, garder les personnalités incontournables" pour l'emporter, ajoute-t-il sans plus de précisions.

Pour les sénateurs PS, le scrutin de septembre 2011 est la dernière marche électorale avant la présidentielle.

Une victoire de la gauche serait un "coup de tonnerre" pour la droite de bon augure pour la gauche, a défendu le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen.

"Il n'y a pas d'un côté les ringards (...) et de l'autre les modernes", a fait valoir le président du groupe PS au Sénat, Jean-Pierre Bel, sur France 2.

Les sénateurs et Martine Auby divergeaient sur le calendrier et les modalités.

"Nous sommes pour une loi républicaine qui s'appliquerait à tous et non pas des mesures discriminatoires qui s'imposeraient aux seuls socialistes", a-t-il expliqué.

Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par un collège de grands électeurs, composé de conseillers municipaux, généraux, régionaux et de députés.

Lors du dernier renouvellement par tiers des sénateurs, en septembre 2008, la gauche avait remporté 23 nouveaux sièges, dans le sillage d'élections municipales favorables.

Depuis, le PS s'est renforcé localement lors des élections régionales de mars et compte sur une nouvelle progression aux cantonales de mars 2011 avant les sénatoriales de septembre.

Laure Bretton, édité par Yves Clarisse

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