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Après l'enquête de l’Assemblée nationale, François de Rugy peut-il être blanchi?

Les députés ont dédouané le ministre de la Transition écologique: ce sont bien des repas "professionnels" qui ont eu lieu à l’hôtel de Lassay lorsqu’il était président de l’Assemblée nationale. Une autre enquête est en cours, cette fois-ci à Matignon, concernant les travaux effectués dans son appartement.

François de Rugy a-t-il été accusé à tort? Sur le dossier des luxueux dîners à l’hôtel de Lassay, l’ancien ministre de la Transition écologique a en tout cas été dédouané par les premiers éléments de l’enquête menée par l’Assemblée nationale. Selon une source proche de l’enquête, ces repas étaient bien de nature "professionnelle" et non privée.

Le rapport de l’Assemblée nationale, qui doit être rédigé durant le week-end et publié mardi prochain, va donc déconstruire en partie les révélations de Mediapart que l’ancien président du palais Bourbon avait qualifiées de "mensonges".

"Important pour la dignité de François de Rugy"

"C’est très important pour la dignité de François de Rugy, mais au final ce n’est pas le plus important car ce qui a choqué l’opinion publique ce sont les photos des nombreux homards dont ils se délectaient, les vins valant 500 euros ou plus. Tout cela n’est pas illégal mais certainement contraire à la morale publique", analyse au micro de BFMTV Michel Taube, éditorialiste et fondateur du site l’Opinion internationale.

Benjamin Morel, docteur en sciences politiques, reste quant à lui prudent concernant l’enquête, rappelant qu’elle a été diligentée par des députés "donc forcément ça créé des doutes de la part de l’opinion publique puisque l’organe est tenu par la majorité". Il nuance cependant: "Il y avait aussi des administrateurs parlementaires qui y participaient, donc on peut penser que l’enquête a été sérieuse. Mais comme l’Assemblée nationale se contrôle elle-même, au regard de la séparation des pouvoirs, des doutes peuvent toujours subsister".

Une autre enquête en cours

Si cette affaire a permis de mettre en lumière "un déficit de l’encadrement des finances de l’Assemblée nationale", selon Benjamin Morel, le véritable problème est ailleurs.

"Ce qui a conduit à la démission de François de Rugy ce sont les fonds pris sur l’Indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) pour financer Europe écologie Les-Verts avant de les défiscaliser. Sur ces financements, il y a une vraie illégalité. Si ces versements sont avérés, il y a une affaire de Rugy et la démission était compréhensible pour le gouvernement", détaille-t-il ce samedi sur le plateau de BFMTV.

Si sur le premier volet, celui des repas, l'ancien ministre semble être dédouané, une autre enquête est en cours, cette fois-ci diligentée par Matignon. Elle porte sur les travaux effectués dans l’appartement de François de Rugy, estimés à 63.000 euros. Selon notre journaliste politique, Camille Langlade, "le rapport de Matignon devrait également aller dans le sens de la légalité et c’est tout le problème de l’affaire Rugy: il n’y a pas d’illégalité mais les photos ont choqué". Les conclusions sont attendues mardi.

Ambre Lepoivre