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Affaire Rugy: résultats des contrôles du gouvernement et de l'Assemblée nationale

À la demande du Premier ministre, "une inspection" a été conduite depuis vendredi dernier afin de s'assurer que les travaux entrepris dans le logement de fonction ministériel de François de Rugy se sont conformés au "respect des règles" et "au principe d'exemplarité", selon Matignon.

Les résultats des contrôles ordonnés par le Premier ministre et le président de l'Assemblée nationale sur les dépenses de François de Rugy ne se sont pas fait attendre. Au moins en partie. Prévus pour publication mardi prochain, les contrôles effectués par le palais Bourbon révèlent que les dîners polémiques de l'ancien ministre à l'Hôtel de Lassay étaient tous "professionnels".

"On peut dire que l’ensemble des invités qui ont fait l’objet d’investigations tendent à prouver que ce ne sont pas des dîners privés, donc par extension on peut affirmer que ce sont des dîners professionnels", a affirmé une source proche du dossier auprès de BFMTV.

Le secrétaire général de l’Assemblée nationale et de sa présidence détient la liste complète des convives. Il procède aux dernières vérifications mineures, mais l’enquête est quasiment terminée. Le rapport sera rédigé durant le week-end.

Des résultats d'enquête auxquels Emmanuel Macron a réagi dans la soirée, déclarant : "c'est bien que tout cela continue à se déblayer en transparence et en responsabilité". Tout comme le principal intéressé, François de Rugy, qui a lui-même tweeté: "Retour aux faits. Je m'exprimerai le moment venu".

"Principe d'exemplarité"

François de Rugy a démissionné mardi après des révélations de Mediapart sur, notamment, l'organisation d'une dizaine de dîners fastueux à l'Assemblée lorsqu'il en était le président, puis des travaux dans son logement de fonction à l'Hôtel de Roquelaure pour un montant de 63.000 euros. Les résultats des contrôles de ces autres dépenses ne sont pas encore connus.

À la demande du Premier ministre, "une inspection" a été conduite depuis vendredi dernier afin de s'assurer que les travaux entrepris dans le logement de fonction ministériel de François de Rugy se sont conformés au "respect des règles" et "au principe d'exemplarité", selon Matignon. 

L'ex-ministre s'était par ailleurs dit prêt à soumettre à "une autorité de contrôle de l'Assemblée" les frais engagés pour les dîners polémiques. 

Vérifications de factures

Le président de l'Assemblée Richard Ferrand a missionné le secrétaire général de l'Assemblée et de la présidence "pour examiner et vérifier cette situation". Épaulé par la déontologue de l'institution, celui-ci a procédé à des auditions, dont celle de François de Rugy, et des vérifications de factures et listes d'invités, d'après une source parlementaire interrogée par l'AFP.

Les conclusions de cette enquête seront là aussi connues mardi, selon la même source. L'ex-ministre s'est engagé à rembourser "chaque euro contesté".

Parmi les dépenses contestées, il y avait celles révélées par Le Parisien, qui incluraient "un sèche-cheveux doré à la feuille d'or" supposément acquis "sur l'argent de l'Assemblée" par l'épouse de François de Rugy. 

Selon nos informations, "il n’y a pas de sèche-cheveux doré à l’or fin dans les appartements de la présidence, mais un sèche-cheveux de marque Dyson, de couleur blanche".
Jules Pecnard et Camille Langlade avec AFP