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Antiterrorisme: Macron veut lever l'état d'urgence tout en renforçant les pouvoirs de police

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron - Eric FEFERBERG / POOL / AFP

Devant les parlementaires réunis en Congrès au château de Versailles ce lundi, Emmanuel Macron a précisé sa feuille de route en matière de lutte contre le terrorisme.

Devant les députés et les sénateurs réunis en Congrès à Versailles ce lundi, Emmanuel Macron a confirmé la fin de l'état d'urgence à l'automne prochain, tout en rappelant son souhait de pérenniser l'accroissement des moyens mis en œuvre contre le terrorisme dans une loi. "D’un côté, je rétablirai les libertés des Français en levant l’état d’urgence à l’automne parce que ces libertés sont la condition de l’existence d’une démocratie forte, parce que les abandonner c’est donner à nos adversaires une confirmation que nous devons leur refuser", a-t-il commencé. Il a poursuivi:

"Le Code pénal tel qu’il est, les magistrats tels qu’ils sont, peuvent, si le système est bien ordonné, bien organisé, nous permettre d’anéantir nos adversaires. Donner en revanche à l’administration des pouvoirs illimités sur la vie des personnes sans aucune discrimination n’a aucun sens. Ni en terme de principe, ni en terme d’efficacité."

Renforcement de l'arsenal antiterroriste

Le chef de l'Etat a alors esquissé les contours de la nouvelle loi qu'il appelle de ses voeux et qui est l'une des priorités de la Place Beauvau: "Mais d’un autre côté, je souhaite que le Parlement puisse voter ces dispositions nouvelles qui nous renforceront encore dans notre lutte. Elles devront viser exclusivement les terroristes à l’exclusion de tous les autres Français." Il ajouté ensuite: "Elles comporteront des mesures renforcées mais qui seront placées sous la surveillance du juge dans le respect intégral et permanent de nos exigences constitutionnelles et de nos traditions de libertés. La démocratie n’a pas été conçue simplement pour les temps calmes."

Certaines des "dispositions nouvelles" évoquées ce lundi ont déjà filtré. Il y a une dizaine de jours, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb décrivait quatre mesures-clés. Tout d'abord, il a suggéré l'instauration d'un périmètre de sécurité autour de sites considérés à risques. Il a également souligné sa volonté de fermer les lieux de culte se rendant coupables d'apologie du terrorisme. Par ailleurs, des mesures individuelles de surveillance devraient prendre le pas sur les assignations à résidence. Enfin, il est envisagé de permettre des perquisitions placées sous l'autorité d'un juge. 
Robin Verner