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Alliance bolivarienne: à Toulouse, Mélenchon contre-attaque

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- - Jean-Luc Mélenchon à La Plaine-Saint-Denis le 4 avril 2017. - LIONEL BONAVENTURE / POOL / AFP

Le candidat de la France insoumise, sous le feu des critiques cette semaine sur ses positions internationales, a répliqué ce week-end lors de son meeting de Toulouse.

Tous azimuts: dimanche à Toulouse, Jean-Luc Mélenchon, attaqué la semaine dernière sur sa proposition de rejoindre l'alliance bolivarienne (Alba), a longuement riposté aux critiques de ses adversaires sur la question. Défendant l'adhésion à l'Alba, une alliance économique qui profiterait selon le candidat de la France insoumise aux territoires d'Outre-mer, il a renvoyé ses rivaux aux traités internationaux déjà existants:

"Qui sont ces gens qui m’interpellent dès qu’ils dès qu’ils entendent Cuba ou Venezuela? Ont-ils l’intention de nous faire quitter l’association des États des Caraïbes dont la République française est déjà membre associée avec Cuba et le Venezuela? Ont-ils l’intention de nous faire sortir de la Caricom, alliance à laquelle nous avons postulé, nous la France -le gouvernement actuel, pas moi, une alliance où se trouvent Cuba et Venezuela? Nous propose-t-on que la France, qui a conclu 184 traités et accords bilatéraux avec la Russie, y renonce?"

Dans cette contre-offensive, amorcée mercredi à Lille, Jean-Luc Mélenchon s'est ensuite offert une partie de ball-trap politique, sans toutefois répondre complètement sur le fond:

"Est-ce que ceux-là qui ont signé des accords auraient le front de venir nous demander des comptes sur ces traités signés avec la République islamique d’Iran, dont onze signés sous messieurs Hollande et Macron, et cinq sous monsieur Fillon? Qui me demande des comptes? Le ministre socialiste Hamon, qui a signé sept accords avec le Venezuela, ce dont je le félicite, ou bien monsieur Macron, dont le bras droit a organisé la campagne victorieuse de Nicolas Maduro, ce dont je le félicite également?"

La tirade ne s'arrête pas là:

"Est-ce madame Le Pen, qui me reproche mes amitiés paraît-il anti-occidentales alors qu’elle va boire le thé avec Poutine? Enfin, François Fillon me reproche d’être communiste. C’est un reproche tout à fait supportable, je me permets de le signaler. Mais je ne le suis pas. Je rappelle que c’est du temps où il était Premier ministre que son parti l’UMP avait signé un accord de coopération avec le Parti communiste chinois."

Ne cachant pas son admiration pour Hugo Chavez et Fidel Castro, Jean-Luc Mélenchon prône la sortie de l'Otan et se défie ouvertement de l'atlantisme. Dans une interview accordée au Parisien, l'ancien sénateur socialiste revendique une forme de pragmatisme en matière de relations internationales.

"Je discuterai avec le diable s'il le faut pour mon pays", affirme celui que ces détracteurs taxent de complaisance avec le régime syrien.

Louis Nadau