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Alexandre Benalla assure avoir été "prêt à démissionner" et charge la hiérarchie policière

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- - Thomas SAMSON / AFP

"Moi, j’ai toujours eu tendance à l'ouvrir. On me l'’a fait payer" explique-t-il dans un nouvel entretien fleuve.

Après une première interview accordée au Monde dans le courant de la semaine et un passage remarqué au 20h de TF1 ce vendredi, Alexandre Benalla continue à livrer sa version des faits dans l'affaire qui porte son nom. C'est ce coup-ci dans les colonnes du Journal du Dimanche qu’il s’épanche sur son parcours et sur sa situation actuelle. L’homme de 26 ans se dit principalement tourmenté d'"être celui par qui le scandale arrive". "Le maillon faible qu’on utilise pour s’en prendre au Président. Il me faisait confiance, j’ai merdé", regrette-t-il.

"Impulsif mais "pas violent"

Au fil de l’entretien, Benalla continue d’affirmer qu’il n’a rien fait de condamnable, bien qu’il reconnaisse une "faute." 

"Je n’ai pas frappé un homme qui était par terre. Si on veut bien regarder les vidéos, c’est très net. Je suis intervenu pour interpeller un manifestant menaçant, c’était vigoureux, c’est vrai. Je suis impulsif, mais je ne suis pas violent."

Démission refusée

Sa dernière conversation avec Emmanuel Macron, qu’il appelle "le patron", date selon lui du 16 juillet. Auparavant, il s’était également entretenu avec le locataire de l’Elysée quelque temps après les événements du 1er mai. "Pendant une réception, il m’a pris à part et il m’a dit: 'Tu as commis une grosse faute. Ça m’a déçu, je me suis senti trahi. Tu es sanctionné, c’est normal'."

Plus loin dans l’entretien, Benalla assure avoir été "prêt à démissionner". "On m’a répondu que ce n’était pas la peine" explique-t-il, sans détailler à qui se réfère le "on".

Benalla règle ses comptes avec la police

Alexandre Benalla n'est pas du sérail. Lui qui explique avoir bâti sa carrière sur une bonne partie de culot, assure s’être "fait détester par ceux qui pensent que les responsabilités dépendent surtout des diplômes. Certains m’ont jugé illégitime à cause de mon parcours. Dans le monde du pouvoir, on aime les gens bien formatés et qui la ferment. Moi, j’ai toujours eu tendance à l’ouvrir. On me l’a fait payer…"

Cette fois-ci, le "on" est clairement désigné:

"Dans la haute hiérarchie policière, il y a des gens qui gèrent leurs intérêts, leur carrière, et que j’ai dérangés. Par ma faute, je leur ai donné une occasion; ils ont sauté dessus pour m’écarter."

Dans un futur proche, Benalla n'exclut pas se présenter devant les commission d'enquête parlementaire: "Je dois me reposer, réfléchir. Mais oui, j'ai plutôt envie d'y aller. Ils veulent des explications, j'ai de quoi leur en donner."

Hugo Septier