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Benalla persiste sur TF1 : "aucun coup porté" le 1er mai

Emmanuel Macron, Alexandre Benalla et Gérard Collomb, le 20 juin 2017

Emmanuel Macron, Alexandre Benalla et Gérard Collomb, le 20 juin 2017 - Benjamin Cremel - AFP

Alexandre Benalla était l'invité du journal télévisé de TF1 de 20h ce vendredi soir. Un extrait vidéo de cet entretien enregistré a été mis en circulation. Il nie avoir porté des coups le 1er mai.

Alexandre Benalla a réaffirmé, dans une interview enregistrée pour le journal de 20h de TF1, n'avoir pas "porté" de coup lors de son intervention contre des manifestants le 1er mai à Paris.

Benalla concède à peine "des gestes vigoureux" 

"Il y a des gestes qui sont vigoureux, qui sont rapides, mais il n'y a aucun coup porté", a déclaré l'ex-collaborateur de l'Elysée. Ses propos paraissent contredire les images dont la révélation par Le Monde, le 18 juillet, a déclenché la crise la plus grave subie par l'exécutif depuis l'élection d'Emmanuel Macron.

Une série de vidéos montre Alexandre Benalla, alors adjoint du chef de cabinet de la présidence et homme clé du dispositif de sécurité entourant le chef de l'Etat, frappant et malmenant des manifestants le jour de la Fête du travail. "Ce qui me choque c'est que les médias n'ont pas diffusé les images d'avant et les images d'après", a plaidé le jeune homme dans un extrait de l'interview diffusé en avance par LCI: "c'est-à-dire les images qui provoquent ma réaction et ce qui se passe après, au moment de l'interpellation."

"Le président n'a rien à voir avec ces événements" 

"Je ne considère pas avoir commis d'acte répréhensible par la loi, je considère juste avoir été confronté à des gens qui sont des casseurs, qui ont commis des actes délictueux. J'ai eu une réaction de citoyen qui a voulu aider à appréhender des gens qui sont pour moi des délinquants", a-t-il poursuivi en reprenant les arguments développés dans une interview accordée jeudi au Monde.

Il a ensuite cherché à dégager Emmanuel Macron de toute responsabilité dans ce dossier. "Le président n'a rien à voir avec les événements du 1er mai. On essaye de l'atteindre à travers eux", a-t-il dit. Il a assuré ne pas "s'être pris pour un CRS ou un policier" au moment où il est intervenu Place de la Contrescarpe. "J'étais là comme observateur, invité" par le chef d'état-major adjoint à la direction de l'ordre public et à la circulation de la préfecture de police. Quant au brassard qu'il a arboré ce jour-là, sans être pourtant policier ou gendarme ni de près ni de loin, il a déclaré qu'il lui a été remis par un fonctionnaire de police: "Le brassard m’a été remis par des policiers. C’est la pratique courante pour être identifié, qu’il n’y ait pas de confusion."

"Victime d'un règlement de compte"

La question de sa suspension a été évoquée. Il a soutenu que la suspension de quinze jours avait bien été appliquée. "Je l’ai même mal vécue", a-t-il complété, rappelant qu'il estimait ne pas avoir transgressé la loi. Il a dit être parti entre le 4 et le 15 mai en Bretagne et n'avoir pas participé à une réunion, ni avoir de contact mail ou téléphonique avec l'Elysée durant toute la durée de sa mise à pied, du 4 au 19 mai. 

S'agissant des images de vidéosurveillance illégalement obtenues auprès de la préfecture de police aussitôt après la révélation du Monde, il a expliqué: "Je reçois un appel à 22h le 18 juillet d’un policier qui me dit: 'Je suis en possession d’une vidéo où on voit les casseurs'. On me propose la vidéo, je ne dis pas non." Confirmant avoir été payé 6.000 euros nets par moi, il a justifié avoir été le détenteur d'une habilitation secret-défense: "L’habilitation secret-défense n’est pas une fin en soi mais l’ensemble des membres du cabinet sont censés être accrédités."

Il s'estime "victime d'un règlement de compte" et a décrit l'affaire en ces termes: "C’est une histoire banale, de droit commun où il ne se passe rien."

Robin Verner avec AFP