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Affaire Benalla: Griveaux estime que le bureau du Sénat s'est mû en "tribunal politique"

Benjamin Griveaux au Sénat.

Benjamin Griveaux au Sénat. - BFMTV

Benjamin Griveaux s'est exprimé ce jeudi depuis le Sénat. Il a réagi à la saisie de la justice par le Bureau de celui-ci des cas d'Alexandre Benalla, Vincent Crase mais aussi de trois hauts responsables de l'Elysée.

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, s'est exprimé ce jeudi depuis le Sénat. Il a dénoncé la saisie de la justice par le Bureau de cette institution des cas d'Alexandre Benalla, Vincent Crase mais surtout de trois collaborateurs-clés de la présidence de la République: le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler, le général Lionel Lavergne, chef du groupe de la sécurité du président de la République et le directeur de cabinet Patrick Strzoda. Les sénateurs les soupçonnent de ne pas avoir dit toute la vérité lors de leur audition. 

Une décision "sans fondement" selon Griveaux 

Benjamin Griveaux a lancé: "Cette décision ne repose sur aucun fondement ni en fait ni en droit, c'est donc une décision politique qui, si j’en crois certains sénateurs, ne fait pas l’unanimité au Sénat". "Nous sommes attachés à l’unité nationale, il est important de ne pas ajouter à la division du pays de l’instrumentalisation politique, ce qui est le cas en l’espèce", a-t-il poursuivi avant de poser qu'une "partie de l'assemblée des sages, son Bureau, s’était mue en tribunal politique". 

Benjamin Griveaux a encore développé:

"Le Sénat a formulé des recommandations à l’issue de ses enquêtes dont certaines sont déjà mises en application nous sommes donc parfaitement respectueux du Sénat mais là il ne joue pas son rôle. Nous sommes en droit d’attendre un sens des responsabilités à la hauteur des événements présents".

La majorité outrée 

Edouard Philippe a quant à lui choisi, purement et simplement, de ne pas se rendre à la séance de questions au gouvernement du Sénat, en signe de protestation. Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale, a opté pour une attitude similaire. Alors qu'il devait donner, en compagnie de Gérard Larcher, président du Sénat, une conférence à SciencesPo Lille ce vendredi, il a signalé par un communiqué qu'il ferait finalement l'impasse:

"Prenant acte de la décision du Bureau du Sénat d’utiliser les fonctions de contrôle parlementaire à des fins politiciennes, le président de l’Assemblée nationale estime que ce choix empêche la tenue de ce débat républicain avec des étudiants, considérant que l’on ne peut simultanément abaisser et promouvoir le Parlement".

Il ne s'agissait là que des dernières traductions de l'état-d'esprit de la majorité. Plus tôt, Stanislas Guérini, délégué général de La République en marche, avait évoqué un "un procès politique contre l'Elysée" par les sénateurs, dont "l'intention cachée" était selon lui d'"attaquer le président de la République". François Patriat, responsable des sénateurs de La République en marche, était quant à lui allé jusqu'à pointer une "déclaration de guerre politique". 

Robin Verner