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Abstention aux régionales: interpellé à l'Assemblée, Jean Castex appelle à un "sursaut démocratique"

Le Premier ministre, interpellé ce mardi à l'hémicycle de l'Assemblée nationale après la forte abstention au premier tour des régionales, a estimé devant les parlementaires que cette faible participation "nous conduit tous et toutes à l'humilité"

Attaqué sur l'ampleur historique de l'abstention au premier tour des élections régionales, notamment par LR qui l'a accusé de "tambouilles politiciennes", Jean Castex a appelé mardi à "l'humilité" et promis de "tirer toutes les conséquences" après le deuxième tour.

Moins de 48 heures après un premier tour marqué par une participation famélique mais aussi une forte prime accordée aux présidents sortants de droite comme de gauche, le Premier ministre a essuyé plusieurs salves de critiques à l'Assemblée nationale lors de la séance de questions au gouvernement.

"L'abstention nous conduit tous et toutes à l'humilité"

"Ne vous cachez pas derrière l'abstention pour masquer la réalité de votre défaite, vous ne pouvez pas vous dérober à votre propre responsabilité", a ainsi lancé le patron des députés LR Damien Abad, accusant l'exécutif d'avoir "fragilisé comme jamais" la démocratie par sa volonté de nouer des alliances, notamment avec la droite.

"La réalité, c'est que vous êtes responsables de vos tambouilles politiciennes, de vos tentatives de déstabilisation qui ne font que renforcer la confusion et la défiance. En voulant nier les différences entre nous par pur cynisme électoral, vous dégradez la politique française et vous videz les bureaux de vote", a insisté Damien Abad, dans un hémicycle effervescent.

"L'abstention nous conduit tous et toutes à l'humilité. Appliquez-la à vous-mêmes", a répondu Jean Castex.

Critiques du groupe MoDem

Il a aussi dû répondre aux récriminations du MoDem, qui l'a appelé à "un plan de relance pour la démocratie", par la voix du président du groupe Patrick Mignola.

"Notre groupe, soutenu sur d'autres bancs, avait proposé le vote par correspondance et le vote électronique pour les électeurs, et la banque de la démocratie pour les candidats. Et rien de tous cela n'a été rendu possible", a regretté l'élu de Savoie.

"Nous avons besoin d'un profond changement de nos institutions : des parlementaires déracinés car sans mandats locaux, une représentativité bafouée par des modes de scrutin déformants, un millefeuille territorial abscons qui fait qu'on parle de tout dans une campagne sauf de ce que font les départements ou les régions, signent la profondeur des maux", a encore souligné Patrick Mignola, tout en rappelant au passage que le MoDem avait plaidé pour un report en septembre de ces élections.

"Dire c'est la faute du gouvernement, c'est beaucoup trop facile"

Rappelant qu'une "large majorité" dans la classe politique "s'était dégagée" pour tenir les élections en juin, Jean Castex a exhorté en retour à un "sursaut démocratique" pour le deuxième tour dimanche.

"Dire c'est la faute du gouvernement, c'est beaucoup trop facile et ça ne correspond pas à la réalité", a-t-il protesté. "Nous devons, une fois le scrutin terminé, tirer toutes les conséquences de cette abstention", a-t-il encore promis, sans toutefois préciser les contours de mesures à prendre.
H.G. avec AFP