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François Bayrou ne pense pas qu'une réforme des retraites aboutisse avant la présidentielle

Le président du Modem François Bayrou en septembre 2020 à Paris

Le président du Modem François Bayrou en septembre 2020 à Paris - MARTIN BUREAU © 2019 AFP

Le chef du MoDem François Bayrou ne croit pas que la réforme des retraites puisse aboutir avant l'élection présidentielle de 2022, "compte tenu de la sensibilité du sujet".

Le patron du MoDem et Haut commissaire au Plan, François Bayrou, a jugé mercredi peu probable qu'une réforme des retraites puisse aboutir d'ici la fin du quinquennat, même si elle est à terme "inéluctable" et devrait être soumise à référendum.

"Il est nécessaire d'envisager une évolution du système des retraites" afin de "mieux équilibrer la charge" qui repose sur les actifs, a-t-il souligné devant l'Association des journalistes parlementaires (AJP).

Un sujet particulièrement sensible

Mais même si cette perspective est "inéluctable", le Haut commissaire au Plan ne "croit pas beaucoup qu'une réforme puisse aboutir avant l'élection présidentielle, compte tenu de la sensibilité du sujet".

Il a toutefois défendu l'idée qu'elle soit, une fois élaborée, soumise à référendum, "afin d'éviter les blocages multiples auxquels on n'a jamais échappé" sur ce dossier. M. Bayrou n'a pas donné d'indication sur un éventuel report de l'âge de départ à la retraite.

Le président Emmanuel Macron a récemment alimenté les spéculations sur la relance de ce chantier explosif en réaffirmant qu'il devrait prendre des décisions "difficiles" pour que la dernière année du quinquennat soit "utile". Sur les retraites, il avait souligné que "rien n'est exclu", mais que la réforme suspendue au début de la crise sanitaire ne pourrait pas être "reprise en l'état".

La dette liée au Covid, "une dette de guerre"

Concernant l'explosion de la dette publique engendrée par la crise du Covid, François Bayrou a souligné qu'il ne s'agissait pas d'une "dette ordinaire, mais d'une dette de guerre".

"Il faut que l'on se donne le temps du rétablissement avant de rembourser", a-t-il plaidé.

Il s'est également prononcé pour un "plan Marshall" destiné à répondre à "l'effondrement de l'appareil productif" français.

Relevant que l'épargne des Français s'établissait à 4000 milliards d'euros et qu'un tel plan demanderait 250 milliards, il a évoqué sans plus de précisions la possibilité "d'inciter les Français à aller sur ce type d'investissement".

Jeanne Bulant avec AFP Journaliste BFMTV