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A Sarcelles, Macron poursuit sa guerre d'image et sa charge contre Le Pen

Emmanuel Macron est ce jeudi en déplacement à Sarcelles, dans le Val-d'Oise. Une visite symbolique pour le candidat, qui s'est jusqu'ici peu déplacé dans les quartiers populaires. Et un nouvel épisode dans la guerre d'image qui l'oppose à Marine Le Pen.

Marine Le Pen sur un bateau en Méditerranée, Emmanuel Macron sur un terrain de foot de Sarcelles. Depuis leur déplacement à l'usine Whirlpool d'Amiens, qui a pris des airs de match de boxe mercredi, les deux candidats poursuivent leur guerre d'image à distance. Ce jeudi après-midi, le candidat d'En Marche! a choisi de se rendre dans la ville du Val d'Oise pour une visite sur le thème du sport et de la jeunesse, où il a poursuivi sa charge contre Marine Le Pen.

Sur le terrain, après une visite au commissariat de la ville, Emmanuel Macron en a profité pour rappeler ses propositions pour les quartiers populaires: une prime de 15.000 euros sur 3 ans aux employeurs embauchant en CDI des jeunes issus de ces quartiers, plus de moyens alloués à l'école primaire en divisant notamment le nombre d'élèves dans 12.000 classes de CP et de CE1, mais aussi l'embauche de 10.000 policiers et gendarmes pour lutter contre l'insécurité.

"La France, ce n'est pas la haine de l'autre"

"C’est une ville pleine de défis, de fractures, c’est une ville qui arrive à tenir tout cela, c’est une formidable leçon de ce que dit la France", a déclaré Emmanuel Macron à propos de Sarcelles. "Je ne suis pas obsédé par Madame Le Pen", s'est-il ensuite défendu, au moment où son adversaire s'invitait précisément dans son discours.

"Moi je veux une France réconciliée, une France unie. La France, ce n’est pas la haine de l’autre, ce n'est pas le rejet de l'autre. Ici à Sarcelles, il y a des Français de toutes les religions (...). C’est ça la France, ce n’est pas ce visage haineux et rétréci que porte Madame Le Pen", a déclaré Emmanuel Macron.
"Je ne la laisserai pas banaliser ce qu'est le Front national, qui est un parti xénophobe. Elle a mené à la tête du parti quelqu'un qui a eu des positions extrêmement graves" a-t-il ajouté, faisant référence aux accusations de négationnisme envers Jean-François Jalkh, le nouveau patron du FN.

Selfies et ballon de foot

A Sarcelles, Emmanuel Macron a été accueilli par des membres de l'association "Sport dans la ville", engagée notamment dans l'insertion par le sport, mais aussi dans la création d'entreprises et l'accès à l'emploi. Sur cette terre remportée le 23 avril par Jean-Luc Mélenchon, où Emmanuel Macron n'était arrivé que troisième, ce dernier n'a pas lésiné sur les moyens pour créer de belles séquences.

Très bien accueilli, le candidat a longuement évolué dans une foule compacte composée en grande majorité de jeunes gens et d'enfants, aux cris de "Macron, président!". Enchaînant les selfies dans ce bain de foule, il a ensuite tapé dans le ballon, en costume et en chaussures de ville.

Revenant sur sa visite aux salariés de Whirlpool, le candidat a affirmé "prendre les Français comme ils sont". 

"Je ne choisis pas les endroits faciles uniquement, il y a des jours qui sont plus difficiles que d’autres. On joue au foot, il y a des moments de sympathie, presque des moments affectueux, mais je leur dis la vérité, j’ai vu ici beaucoup d’envie de réussir. Avoir des moments sympathiques c’est une chose, mais ça ne peut pas être que ça la politique", a-t-il ajouté. 

Charlie Vandekerkhove