BFMTV
Politique

A Arras, la charge d'Emmanuel Macron contre "l'héritière" et "l'opportuniste" Marine Le Pen

En meeting mercredi soir à Arras, dans le Pas-de-Calais, le candidat d'En Marche! s'est montré offensif à l'égard de sa rivale pour le second tour de l'élection présidentielle, quelques heures après un duel à distance auprès des salariés de Whirlpool à Amiens .

Il s'agissait de son premier meeting dans la campagne de l'entre deux-tours. A Arras, Emmanuel Macron a mené jeudi soir une véritable charge contre Marine Le Pen et le Front national. Quelques heures après que sa rivale a cherché à lui damer le pion en allant à la rencontre des salariés de la société Whirlpool, à Amiens, alors que lui-même échangeait avec l'intersyndicale, Emmanuel Macron a en effet multiplié les coups contre son adversaire. 

Marine Le Pen "l'héritière"

Tout d'abord, il a présenté la venue de la députée européenne du côté du site de Whirlpool comme "opportuniste": "Elle est venue passer un quart d’heure. Elle a fait des images". Emmanuel Macron a alors accusé Marine Le Pen de vouloir "faire vivre la fracture politique."

Egrenant une série de "fractures", il a poursuivi son attaque: "Réduire la fracture sociale, c’est aussi former, c'est aussi l'école. Et cela, le FN n’en dit jamais un mot. Le Front national se nourrit de la fracture démocratique, il a les pires pratiques de l'Ancien régime".

Le candidat d'En Marche! a aussitôt dévoilé son deuxième angle d'attaque contre Marine Le Pen: " Marine Le Pen est l'héritière de ce système, elle est née dans un château de partis, et elle donne des leçons. Marine Le Pen se prétend du peuple et est une héritière. Elle vient d'un parti qui, constamment, a refusé de respecter les lois de la République."

Pour Macron, Le Pen fait planer une menace de guerre

Emmanuel Macron a également blâmé la politique européenne prônée par sa concurrente. Après avoir critiqué sa promesse d'abandonner l'euro, il lui a aussi reproché une volonté de quitter les institutions européennes, un objectif lourd de sens, d'après lui: "Sortir de l’Europe, qu’est-ce que ça veut dire? Le protectionnisme, c’est la guerre (…) c’est le nationalisme. Le FN ce n’est pas le parti des patriotes mais des nationalistes et le nationalisme, c’est la guerre!"

Le candidat a filé ce thème de la guerre, en le joignant à son passé familial et à l'histoire de la région. "J’ai mal dans ma chair et dans mon sang de voir le score du Front national ici. A quelques kilomètres d’ici, la moitié de ma famille est enterrée. (…) Ce pays a connu toutes les guerres de l’Europe. Au nom de quoi les victimes des guerres sont tombées? A cause des discours de haine", a-t-il lancé.

Imaginant l'éventualité d'une prochaine guerre, il a assuré que "Madame le Pen et ses amis seront réfugiés au château du Montretout mais c’est vous qui la ferez, la même guerre, qui en a fait tomber tant et tant." Il s'est alors emporté: "Alors moi, je n’en veux pas! Ceux qui ont décidé de faire les somnambules du 21e siècle, honte à eux !" 

"Le FN ne mérite pas votre colère"

Au bout de son meeting, il a encore déclaré: "Ne donnez pas votre colère au Front national, il ne la mérite pas. Ne lui donnez pas vos espoirs, il les trahira. Ne lui donnez pas votre indignation car il s’en nourrit sans y répondre." Une dizaine de jours avant la seconde et ultime soirée électorale, les échanges de coups sont désormais de plus en plus nourris. 

R.V.