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2017: Hollande appellera à voter Sarkozy en cas de duel avec Marine Le Pen au second tour

Dans un livre à paraître mercredi, on apprend que François Hollande appellera à voter pour lui en cas de duel avec Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. Malgré cette consigne, le chef de l'Etat n'est pas tendre avec son prédécesseur.

Voter Chirac en 2002 face à Jean-Marie Le Pen a été une épreuve pour François Hollande. Mais en 2017, en cas de duel Le Pen-Sarkozy, le président de la République appellera à voter pour Nicolas Sarkozy. Cette confidence, il l'a faite à deux journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, dans un livre à paraître ce mercredi, Un président ne devrait pas dire çadont L'Express publie les bonnes feuilles. 

"S'il fallait appeler à voter Sarkozy, on le ferait", déclare François Hollande. "J'irais, pour voter contre Le Pen", affirme-t-il. "Il faut se rappeler, c'était déjà très dur pour moi d'appeler à voter Chirac en 2002. Aujourd'hui, Chirac a une bonne image, mais à l'époque, il était entouré par les juges, plein d'affaires, et il avait été très pénible dans la cohabitation contre Jospin. On avait appelé à voter Chirac, c'était quand même très courageux", ajoute le président.

"Cynisme", "méchanceté" et "grossièreté"

Une consigne de vote claire, et qui retient d'autant plus l'attention que François Hollande, dans ce même livre, ne cache pas sa profonde inimitié pour son prédécesseur.

"Les cassettes" de l'ex-conseiller à l'Elysée de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, "sont très importantes, non pas qu'elles révèlent quoi que ce soit - il n'y a pas de secrets d'Etat - mais elles vont révéler ce qu'est ce type. Sa grossièreté, sa méchanceté, son cynisme", déclare par exemple le chef de l'Etat à propos de Nicolas Sarkozy.

"Pourquoi cet appât de l'argent?"

François Hollande pointe aussi en particulier son "appât de l'argent". Aux deux journalistes qui l'ont rencontré à de très nombreuses reprises, il raconte par exemple sa première rencontre avec Nicolas Sarkozy depuis leur passation de pouvoirs, en décembre 2013. Nicolas Sarkozy "commence à lui parler de l'argent qu'il gagnait avec ses conférences". "Je me dis: il ne va pas oser quand même...", précise François Hollande, surpris.

"Ce qu'on ne voit pas chez lui, c'est qu'il ne fait pas le partage entre ce qui est possible et ce qui n'est pas possible, le légal et le non-légal, le décent et le non-décent. Pourquoi cette espèce d'appât de l'argent? (...) Il s'entoure de gens d'argent. Pourquoi?", s'interroge le chef de l'Etat.

"Et puis, je le trouve répétitif", ajoute François Hollande avant de conclure: "Mais il a une ligne, ce qui n'est jamais mauvais en politique. Sa ligne c'est la peur." 

Charlie Vandekerkhove avec AFP