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2017: en s'approchant d'une candidature, Macron irrite le PS

Emmanuel Macron, candidat en 2017? Si l'hypothèse semble de plus en plus probable, elle ne fait pas que des heureux. Au Parti socialiste, notamment, on craint que cette candidature provoque tout simplement une défaite automatique de la gauche l'année prochaine.

Boudé d’un côté, il engrange les soutiens, et les fonds, de l'autre. Emmanuel Macron a occupé le terrain médiatique ce week-end, avec son déplacement très remarqué à Lyon, perçu à biens des égards comme un sérieux coup d'accélérateur en vue de la prochaine présidentielle. L’occasion de dévoiler les prochaines entrées de son agenda, qui pourrait le mener, selon toutes vraisemblances, vers une candidature pour 2017. Ainsi, a-t-il détaillé sur notre antenne samedi soir, trois "rendez-vous avec les Français", comprendre "meetings", sont programmés pour le mois d'octobre: à Strasbourg le 4, au Mans le 11, et à Montpellier le 18.

Quant à afficher un programme et des idées, il faudra patienter jusqu'au mois de novembre. Ce qui pourrait coïncider, selon des proches de l'ex-ministre de l'Economie cités par Le Parisien, avec son annonce officielle de candidature; entre le "15 novembre et le 15 décembre" avance le quotidien.

Macron peut faire perdre la gauche...

S'il avait provoqué l'exaspération d'une bonne partie de la gauche quand il était encore en place au gouvernement, celui qui a démissionné il y a bientôt un mois fait toujours autant grincer des dents dans son ancien camp. Ainsi, le spectre d'une candidature d'Emmanuel Macron en 2017 signerait automatiquement une défaite de François Hollande, craint Jean-Christophe Cambadélis ce dimanche dans les colonnes de Ouest-France, sans citer le nom de l'actuel locataire de l'Elysée: "ce serait l’élimination de la gauche à tous les coups", prédit-il si un tel cas de figure se confirme.

Avant de prêter, non pas de bonnes, mais de moins mauvaises intentions, à l'ancien occupant de Bercy: 

"Je ne crois pas que ce soit la logique d’Emmanuel Macron. Il ne semble pas être dans une stratégie pour faire battre la gauche", croit savoir le premier secrétaire du Parti socialiste.

Emmanuel Macron "souhaite surtout empêcher le Président", "il serait ainsi délié de la relation avec celui qui l’a fait". Un comble, pour celui qui a encore affirmé, sur notre antenne, avoir été "fidèle" à François Hollande.

...mais compterait sur le PS

Mais pourquoi vouloir contrer à tout prix Hollande? Pour pouvoir se présenter en espérant "ramener à lui une partie du Parti socialiste", redoute Cambadélis. Si ça ne fonctionne pas pour Pierre Moscovici, le commissaire européen ayant annulé sa participation au colloque des réformistes européens où se trouvait Emmanuel Macron ce samedi pour ne "pas servir de tête de gondole à sa petite entreprise", d'autres ne cachent pas être séduits. Comme Gérard Collomb, maire socialiste de Lyon, qui avait soutenu François Hollande dans sa quête de l'Elysée en 2012.

Jérémy Maccaud