BFMTV

Xavier Dupont de Ligonnès: comment la police écossaise a mené la France vers un faux espoir

Photo d'illustration.

Photo d'illustration. - Andy Buchanan - AFP

L'homme arrêté vendredi à la descente d'un avion à Glasgow n'est finalement pas Xavier Dupont de Ligonnès. Les policiers ont pris au sérieux cette piste, comme de nombreuses autres qui ont été exploitées dans le passé.

L'ADN a fini par parler. L'homme qui a été interpellé vendredi à la descente d'un avion à Glasgow n'est pas Xavier Dupont de Ligonnès, suspecté d'avoir assassiné sa femme et ses quatre enfants à Nantes en 2011. Les résultats des expertises génétiques a mis fin à moins de 24 heures d'interrogations et d'incertitudes autour de cette arrestation.

"C'est une grande déception", confie un enquêteur à BFMTV. "Mais on devait vérifier."
  • Le tuyau

La genèse de cette fausse piste prend son origine dans une information parvenue aux policiers français. Les autorités britanniques les informent d'un appel qu'elles ont reçu faisant état de la présence de Xavier Dupont de Ligonnès dans un avion en partance de l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle et à destination de Glasgow.

Chaque semaine, les policiers reçoivent des signalements de la présence de personnes recherchées à tel ou tel endroit. En huit ans, 1000 signalements ont été faits concernant Xavier Dupont de Ligonnès. "Notre job, c'est de vérifier", souffle un policier qui ne voit rien d'exceptionnel à l'arrestation de vendredi soir. Lorsqu'une personne recherchée est signalée dans un avion, les membres des forces de l'ordre organisent "un contrôle passager", c'est-à-dire que chaque personne présente au bord de l'appareil est contrôlée, les identités vérifiées.

  • L'arrestation

Vendredi en fin de journée, les policiers écossais ont interpellé un homme, partageant sa vie entre Limay, dans les Yvelines, et l'Ecosse où vivait sa femme. Un premier prélèvement est effectué par un laboratoire britannique. Ce laboratoire compare les empreintes digitales de Xavier Dupont de Ligonnès avec celles de l’homme arrêté. Cinq points caractéristiques sont communs entre les deux empreintes. L’information est transmise par écrit par les Écossais aux Français.

  • Les premiers doutes des enquêteurs

Il est tard vendredi soir quand l'information parvient aux policiers français qui ne peuvent se rendre immédiatement en Grande-Bretagne. Dès la transmission de l'information, des perquisitions sont menées au domicile de l'homme arrêté à Limay. De nouvelles empreintes digitales sont recueillies, elles ne correspondent en réalité pas à celles de Xavier Dupont de Ligonnès. Plein de doutes, les policiers français examinent jusqu'à tard les images de vidéosurveillance de l'aéroport de Roissy. L'homme signalé ne ressemble pas du tout au père de famille recherché, il est bien plus âgé que lui. Tandis que l'enquête de témoignages à Limay fait ressortir que l'homme arrêté n'a rien de Xavier Dupont de Ligonnès, et confirme ainsi les doutes des enquêteurs français, ces derniers arrivent en Ecosse dans la matinée de samedi.

  • La fausse piste

Vers 12h30, le résultat d’un autre laboratoire britannique tombe. Il s'agit cette fois-ci de comparer les deux ADN. L’ADN prélevé sur l’homme arrêté n’est pas celui de Xavier Dupont de Ligonnès. Les Français reçoivent à nouveau l'info par écrit. L'affaire qui a choqué tout un pays en avril 2011 et qui n'a de cesse de passionner reste un mystère.

Justine Chevalier