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Affaire Dupont de Ligonnès: à Limay, après l'incompréhension, le soulagement

L'homme qui a été interpellé vendredi soir à Glasgow, malencontreusement confondu avec l'auteur présumé de la tuerie de Nantes, réside à Limay, dans les Yvelines.

"Je suis contente parce que c'est un homme qui vit paisiblement, il n'est pas méchant." Alors que de tests ADN ont permis de confirmer que l'individu interpellé vendredi soir à l'aéroport de Glasgow, en Ecosse, n'était pas Xavier Dupont de Ligonnès, les voisins de cet homme de 69 ans expriment leur soulagement.

"Je ne comprends pas ce qui s'est passé. Je me sens soulagée parce qu'une personne innocente qui se fait arrêter, ce n'est pas normal", confie ainsi une riveraine, installée à Limay depuis 22 ans.

Dès vendredi soir, les habitants de cette petite commune des Yvelines, où l'homme qui a été confondu avec le fugitif est né et réside, avaient émis des doutes sur la version de la police écossaise

"C'est impensable. Il est né à Limay, on est amis depuis plus de 45 ans, il travaillait avec moi à Renault Flins avant de prendre sa retraite il y a quatre ans", expliquait Mario Vieira, 75 ans, un retraité habitant une commune mitoyenne.

"Ca va être un pétard mouillé"

Mario Vieira avait par ailleurs donné de nombreux détails sur la vie de son ami, qui fêtera ses 70 ans le 11 avril prochain, écartant toute possibilité qu'il s'agisse de Xavier Dupont de Ligonnès. "Il fait 1,85 m, 90 kg, il est chauve. Son père était un légionnaire portugais, sa mère, Charlotte, venait de la Beauce. Ils sont enterrés ici!", assurait cet habitant.

Jacques, 62 ans, un autre voisin, exprimait la même incompréhension. Il se disait ami "depuis 20 ans" avec cet homme d'origine portugaise mais "de nationalité franco-britannique", "quelqu'un de tout à fait banal", affirmant avoir assisté à son mariage en Ecosse.

"Je l'ai vu jeudi, on a mangé ensemble" avant qu'il parte, racontait le sexagénaire, visiblement très remonté contre les enquêteurs et les journalistes. "Vous vous plantez alors, mais grave! Ça va être un pétard mouillé, une énième fausse piste", avait-t-il lâché. 

"Hier soir, quand on a vu ça à la télé, on est resté sur le cul. Je me suis dit: qu'il fallait que j'aille voir les flics pour leur dire que ce n'était pas lui Dupont de Ligonnès". "On est en train de le bousiller", disait-il, excédé.

Mélanie Rostagnat avec AFP