BFMTV

Vol de cocaïne au "36": la femme du suspect en cours d'audition

Plus de 50 kilos de cocaïne qui se trouvaient sous scellé au siège de la PJ parisienne ont disparu jeudi dernier (photo d'illustration).

Plus de 50 kilos de cocaïne qui se trouvaient sous scellé au siège de la PJ parisienne ont disparu jeudi dernier (photo d'illustration). - -

Comment? Pourquoi? Avec qui...? Deux jours après l'interpellation d'un brigadier des Stups, de nombreuses questions subsistent dans l'enquête sur le vol de 52 kilos de cocaïne au siège de la PJ parisienne.

Affaire embarrassante pour les Stups. Comment un policier modèle aurait-il pu dérober si facilement 52 kg de cocaïne au 36, quai des Orfèvres, le siège historique de la PJ parisienne? Après l'interpellation de ce suspect, samedi, les questions demeurent. Alors que sa garde à vue a été prolongée au-delà de 48 heures ce lundi, pour l'heure, l'homme reste muet et la drogue n'a pas été retrouvée. Près de 20.000 euros en liquide ont été saisis, principalement dans un sac à dos appartenant au suspect. Le policier des Stups se justifie en expliquant qu'il gagne de l'argent avec des jeux en ligne. Selon nos informations, la femme du suspect est auditionnée comme témoin à l'IGPN, la police des polices, depuis 14h.

BFMTV.com fait le point sur l'enquête.

> Un suspect en apparence irréprochable

Trente quatre ans, "beau gosse", sportif, marié et père d'une fillette: le brigadier entendu dans le cadre de l'enquête fait figure de gendre idéal. De flic irréprochable, aussi. Selon les enquêteurs, il donnait satisfaction à sa hiérarchie, toujours bien noté, et avait récemment téléphoné à ses collègues depuis son lieu de vacances pour "se tenir au courant des affaires".

Amateur de trail, il confiait il y a deux ans sur un site spécialisé son "envie" de "s'attaquer dès 2014 aux plus grands défis du monde".

C'est la vidéosurveillance qui a abouti à l'interpellation de ce brigadier a priori insoupçonnable. La nuit du 24 et le 25 juillet, les images montrent un homme entrer puis ressortir avec deux sacs de la salle des scellés où est stockée la drogue. Son visage n'est pas vraiment reconnaissable, mais sa corpulence et sa démarche correspondent à celle du fonctionnaire. La veille, celui-ci s'était en outre montré curieux sur la sécurisation de cette salle.

> Les sept résidences qui intriguent

Originaire de Perpignan, où il a fait toute sa scolarité, c'est dans cette ville des Pyrénées-Orientales qu'il a été interpellé samedi alors qu'il s'y trouvait en vacances. Domicilié à Paris, il possède en outre sept biens immobiliers dans cette ville et la région.

Selon des sources policières, ces biens proviennent notamment du patrimoine de son épouse. Mais ce train de vie intrigue. Selon Dominique Rizet, consultant police-justice pour BFTMV, un brigadier de police "doit gagner 1.700 ou 2.000 euros" mensuels.

Des perquisitions ont eu lieu samedi dans ses appartements à Perpignan et à Paris. Des sommes d'argent en liquide ont été saisies, dont 20.000 euros en liquide, principalement dans un sac à dos appartenant au suspect, selon nos informations. Selon nos informations, le policier se justifie en expliquant qu'il gagne de l'argent avec des jeux en ligne.

> Comment la drogue a-t-elle pu sortir?

Les 52 kg de cocaïne, saisis le 4 juillet par la brigade des stup', étaient entreposés dans la salle des scellés du 36, Quai des Orfèvres. Un lieu en principe utrasécurisé. L'accès nécessite de signer un registre et d'être accompagné par un des trois seuls fonctionnaires possédant la clé. Selon une source proche de l'enquête, le brigadier suspect a demandé à se rendre dans la salle des scellés "sous des prétextes futiles".

L'entrée de la salle n'a jamais été forcée. Dans la nuit du 24 au 25 juillet, témoins et vidéosurveillance montrent un homme entrant dans les locaux avec deux sacs et en ressortant peu de temps après. Mais la disparition de la drogue n'a été constatée qu'une semaine plus tard, le jeudi 31 au matin.

Selon nos informations, la préfecture de Police avait prévu d'installer à l'automne sept caméras au siège de la PJ parisienne, dont une devant le local sécurisé.

> 52 kg envolés dans la nature

Où se trouve la drogue? Selon plusieurs sources policières, la drogue ne se trouverait "pas sur le marché". Les enquêteurs ont néanmoins mis au jour d'éventuelles complicités, notamment "dans le milieu perpignanais".

Les 52,6 kilos de cocaïne provenaient d'une saisie réalisée le 4 juillet dans un appartement parisien. Ce jour-là, la brigade des stupéfiants de Paris interpellait 14 personnes dans le cadre d'une commission rogatoire. La drogue se présentait sous la forme de 48 pains de cocaïne composés chacun d'environ 1.100 grammes, pour une valeur marchande totale estimée à 2 millions d'euros à la revente.

> Des dysfonctionnements au sein des stups?

Lundi, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a demandé un "audit rigoureux et approfondi" à la brigade des Stups pour traquer d'éventuels dysfonctionnements...

"L'objectif, c'est de voir s'il y a eu des carences dans les méthodes de travail, dans les processus, dans la manière de travailler, pour éviter que de tels faits se reproduisent", a souligné sur BFMTV le porte-parole de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet.

Mathilde Tournier et avec AFP