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Vidéo du gilet jaune frappé à Besançon: l'IGPN saisie

Rassemblement de gilets jaunes à Besançon, le 9 mars 2019. (photo d'illustration)

Rassemblement de gilets jaunes à Besançon, le 9 mars 2019. (photo d'illustration) - SEBASTIEN BOZON / AFP

L'IGPN a été saisie "afin d'apporter un éclairage complet sur les circonstances dans lesquels le bâton de défense souple a été employé", précise la préfecture du Doubs.

L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie après qu'un policier a fait usage de sa matraque sur un gilet jaune lors d'une manifestation samedi à Besançon, a indiqué lundi le préfet du Doubs Joël Mathurin.

"Vers 17 heures, dans le cadre d'une opération d'interpellation d'un individu suspecté d'avoir jeté des projectiles contre les forces de l'ordre, un des policiers a utilisé son bâton de défense souple à l'encontre d'une personne 'gilet jaune' qui lui a semblé faire obstacle à la progression de la police par des actes d'hostilité", a expliqué le préfet dans un communiqué.

"Afin d'apporter un éclairage complet sur les circonstances dans lesquels le bâton de défense souple a été employé", l'IGPN a été saisie pour une enquête administrative, précise la préfecture.

"Je suis un militant pacifiste"

Une vidéo, réalisée par une journaliste des médias bisontins Média 25 et Radio Bip, montre l'homme marcher à reculons face à un policier qui a laissé tomber au sol ce qui semble être une grenade lacrymogène. Un autre policier arrive par le côté et lui assène un coup de matraque sur le côté de la tête. L'homme est ensuite montré, se tenant la tête et saignant fortement au niveau de l'arcade sourcilière.

Média 25 a publié une vidéo au ralenti de la scène, afin de démontrer que, selon leurs images, le manifestant gilet jaune n'avait pas fait obstacle, et n'avait pas tenté de lancer des projectiles sur les forces de l'ordre, juste avant d'être frappé. "Je suis un militant pacifiste. Je n’ai jamais fait entrave ni tenté de lancer quoi que ce soit sur les policiers", a de son côté déclaré le manifestant à France 3 Bourgogne France-Comté.

La ville de Besançon est le lieu presque tous les samedis de manifestations de gilets jaunes, qui ont fréquemment donné lieu à des heurts entre manifestants et forces de l'ordre. "Près d'une centaine de personnes ont été interpellées, plusieurs ont été condamnées par la justice", a souligné le préfet du Doubs dans son communiqué.

Mi-mars, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait affirmé sur BFMTV que l'IGPN avait été saisie par la justice de 174 affaires de violences policières présumées lors de manifestations des gilets jaunes.

Salomé Vincendon avec AFP