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Montpellier: des policiers ont revêtu un gilet jaune pour infiltrer le cortège

Montpellier, le 23 mars.

Montpellier, le 23 mars. - Sylvain THOMAS / AFP

Des fonctionnaires de police se sont déguisés en gilets jaunes pour interpeller des casseurs samedi dernier à Montpellier. Un syndicaliste policier a expliqué l'intérêt de ce stratagème auprès du quotidien régional Midi Libre.

L'initiative n'est pas passée inaperçue. Samedi à Montpellier, au milieu d'échanges de projectiles et de gaz lacrymogènes provenant respectivement des manifestants les plus véhéments et de la police, six hommes ont emmené un individu manu militari.

Sur une vidéo captée à vif et diffusée sur Facebook, on voit ainsi, parmi ces six individus ayant interpellé et menotté le septième, cinq hommes masqués, trois portant un gilet jaune, et un dernier agent équipé d'une matraque télescopique. Agents car, comme l'a expliqué ce mardi Midi Libre qui a par ailleurs réalisé la vidéo en question, il s'agissait bien de policiers déguisés. 

Une "utilisation ponctuelle" 

Rémy Alonso, du syndicat policier Alliance, le confirme auprès du journal: "Cette stratégie a été mise en place ce samedi pour la première fois à Montpellier. Elle était destinée à mieux cibler les casseurs et a d’ailleurs permis d’en interpeller plusieurs en flagrant délit, dont l’un pour destruction de mobilier urbain", explique-t-il.

Afin de justifier ce changement de pied, il met en avant la "dispersion" des "casseurs" en différents petits groupes, et la sécurité de ses collègues dans un environnement plus hostile qu'auparavant. 

Des images peu flatteuses 

Cependant, pas question, selon Rémy Alonso, de systématiser ce dispositif: "L’objectif n’est pas de la généraliser mais de l’utiliser de façon ponctuelle. On est conscient que des photos de nos collègues policiers circulent...". D'autant plus que ce type d'infiltration prête parfois le flanc à des images peu flatteuses, comme sur ce cliché qui circule où l'on distingue un policier en civil portant un marteau, qu'il avait préalablement retiré au manifestant interpellé sur la vidéo. 

"Quand un casseur est interpellé avec un marteau, la première chose à faire est de le lui retirer. Il faut écarter tous les objets dangereux ou utiles à l’enquête", rappelle Rémy Alonso. "Tout le reste n’est qu’interprétation. Les policiers sont exposés et le savent. Des sanctions judiciaires et administratives existent", ajoute-t-il. 
Robin Verner