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Un rescapé du Bataclan assigne son entreprise après un exercice attentat

L'entrée du Bataclan, le 13 novembre 2019

L'entrée du Bataclan, le 13 novembre 2019 - Stéphane De Sakutin - AFP

Un employé de Publicis, présent au Bataclan le 13 novembre 2015, a été contraint de vivre une simulation d'attentat sans avoir été prévenu par son employeur. L'audience face aux prud'hommes aura lieu mardi 21 janvier.

C'est un exercice qui a très mal tourné. En juin 2018, l'entreprise Publicis organise une simulation d'attentat dans ses locaux, situés à Paris. Or, plusieurs de ses employés étaient au Bataclan le soir du 13 novembre, et en sont sortis traumatisés. Deux y ont par ailleurs perdu la vie. À la suite de cet exercice, Guillaume Delmas, un publicitaire qui était allé voir les Eagles of Death Metal ce 13 novembre, a décidé d'assigner en justice son employeur - qui ne l'avait pas prévenu de la simulation -, avait révélé il y a quelques mois franceinfo.

"Je l'ai vécu comme si ça recommençait", a raconté cet employé, qui s'est retrouvé nez-a-nez avec un faux terroriste ce jour de juin 2018. "Le minimum d'humanité, c'est de prévenir les rescapés qui continuent à bosser dans les locaux."

À la suite de cet exercice, une expertise médicale avait révélé que Guillaume, en arrêt maladie depuis le 5 juillet 2018 et aujourd'hui sous antidépresseurs, souffrait de "stress post-traumatique compliqué d'un épisode majeur". Un syndrome directement lié à l'exercice de sécurité ayant eu lieu à Publicis, précisaient les médecins mandatés par le Fonds de garantie chargés de l'examiner.

Une audience ce mardi

Comme le rapporte ce lundi franceinfo, le quadragénaire a ainsi saisi le conseil des prud'hommes en s'appuyant sur un article du Code du travail stipulant que "l'employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs". À noter que lors d'un entretien avec l'un de ses responsable, le rescapé du Bataclan s'était vu accusé de s'être servi de la simulation d'attentat à Publicis pour "régler d'autres problèmes".

L'audience face aux prud'hommes aura lieu ce mardi 21 janvier. Le publicitaire souhaite que son employeur résilie son contrat de travail. Il réclame par ailleurs une indemnisation à la hauteur du préjudice moral causé par la simulation d'attentat.

Juliette Mitoyen