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Un carnet accablant sur le financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007?

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- - Stéphane de Sakutin

L'enquête sur le financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy progresse. Selon Mediapart, un nouveau document atteste des millions reçus par l'ancien président de la République.

Un rebondissement qui pourrait relancer une affaires très embarrassante.. Selon Mediapart, un carnet secret, actuellement entre les mains de la justice, comporte la trace écrites de versements d'argent reçus en 2007 par Nicolas Sarkozy ou son entourage, en provenance du régime de Mouammar Kadhafi. 

6,5 millions d'euros 

D'après les informations de Mediapart, c'est un carnet ayant appartenu à Choukri Ghanem qui a révélé à la justice l'ampleur des versements reçus depuis la Libye. Choukri Ghanem, ministre de Kadhafi entre 2003 et 2011, est mort noyé en 2012 à Vienne. Mais ses écrits, entamés en 2007, attesteraient d'un financement illégal de la campagne de Nicolas Sarkozy. 

Ainsi à la date du 29 avril 2007, entre les deux tours de l'élection présidentielle que Nicolas Sarkozy s'apprête à remporter, Choukri Ghanem fait état d'un versement d'un million et demi d'euros. A cette somme s'ajoutent trois millions d'euros versés par Saïf al-Islam Kadhadi, fils du colonel défunt, et deux millions remis par Abdallah Senoussi, beau-frère du dictateur.

Retrouvé aux Pays-Bas

Le carnet, dont Mediapart publie les révélations, a été retrouvé aux Pays-Bas chez le gendre de Choukri Ghanem, dont le logement était perquisitionné lors d'une enquête pour des faits de corruption massive mettant en cause une entreprise norvégienne. Il a ensuite été transmis à la justice norvégienne avant d'atterrir sur le bureaux des juges français. 

De son côté, Nicolas Sarkozy a toujours nié avoir touché de l'argent du colonel Kadhafi, qui avait été reçu à Paris en 2007. Dans de précédentes révélations, les journalistes de Mediapart avaient déjà publié un document de l'administration libyenne attestant des versements effectués par le régime de Tripoli. Des accusations confirmées par les propos du fils du dictateur, Saïf al-Islam qui avait demandé dans une vidéo, à Nicolas Sarkozy, de "rendre l'argent".

Paul Aveline