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Kadhafi - Sarkozy: des appels suspects avec le patron de la DCRI

Le patron de la DCRI, Patrick Calvar, le 17 juin 2013.

Le patron de la DCRI, Patrick Calvar, le 17 juin 2013. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Patrick Calvar a été interrogé en tant que témoin. Il est soupçonné d'avoir renseigné l'ex-patron de la police et actuel directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy sur l'affaire.

Le patron de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) Patrick Calvar a été entendu comme témoin dans l'enquête sur les accusations de financement politique de Nicolas Sarkozy par la Libye de Kadhafi, ont indiqué jeudi des sources proches du dossier qui confirmaient une information du Monde.

Cette audition, qui s'est déroulée vendredi 28 mars, est logique. Mi-mars, une source proche de l'enquête avait expliqué à l'AFP que les enquêteurs avaient été intrigués par des échanges téléphoniques entre d'une part l'ex-patron de la police et actuel directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, Michel Gaudin, et de l'autre, Patrick Calvar.

Selon cette source, le premier semblait se renseigner sur la Libye auprès du second qui, avant de prendre ses fonctions à la DCRI, avait été le patron du renseignement à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Patrick Calvar s'était montré "prudent" dans ses réponses, avait ajouté cette source.

Deux appels de Nicolas Sarkozy

Michel Gaudin a été placé sur écoute, comme Brice Hortefeux et Claude Guéant, dans l'enquête sur les accusations de financement de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi. Le coup de fil entre Michel Gaudin et Patrick Calvar a été l'un des déclencheurs de la décision de placer Nicolas Sarkozy sur écoute en septembre 2013, a ajouté cette source.

Selon Le Monde, lors de son audition, Patrick Calvar a également indiqué avoir reçu fin 2013-début 2014 deux appels de Nicolas Sarkozy.

Plusieurs anciens dignitaires libyens ont affirmé que Mouammar Kadhafi a financé la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy, n'apportant toutefois pour l'heure pas de preuve formelle à l'appui de ces accusations.

Versement de 500.000 euros découvert chez Claude Guéant

Les juges Serge Tournaire et René Grouman enquêtent depuis avril 2013 sur ces allégations. Ils travaillent sur des flux financiers et cherchent notamment à retracer l'origine d'un des 500.000 euros découverts chez Claude Guéant lors d'une perquisition chez l'ancien secrétaire général de l'Elysée, un des principaux interlocuteurs à Paris du régime libyen.

Claude Guéant affirme que cette somme est le fruit du paiement de deux toiles d'un peintre flamand du XVIIème siècle Andries van Eertvelt qu'il aurait vendues à un avocat malaisien.

Dans un volet distinct d'autres juges enquêtent depuis août 2012 sur un document produit par le journal en ligne Mediapart entre les deux tours de la présidentielle perdue par Nicolas Sarkozy.

Attribué à Moussa Koussa, ex-chef des renseignements extérieurs libyens, un document affirmait que Tripoli avait accepté de financer pour "50 millions d'euros" la campagne. Moussa Koussa a qualifié ce document de "faux". Nicolas Sarkozy a porté plainte pour "faux et usage de faux" et "publication de fausses nouvelles".