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Un an après la mort d'Alexia, Jonathann Daval demande à être remis en liberté

Jonathann Daval a avoué en janvier dernier avoir tué son épouse avant de revenir sur ses déclarations.

Jonathann Daval a avoué en janvier dernier avoir tué son épouse avant de revenir sur ses déclarations. - AFP

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon examine ce mardi la demande de remise en liberté de Jonathann Daval, suspecté d'avoir tué son épouse Alexia il y a un an. Il pourrait être confronté à ses beaux-parents alors qu'il a demandé à être extrait de sa cellule de la prison de Dijon pour assister à l'audience.

Une date qui revient comme un boomerang. Ce mardi, la justice examine, en appel, la demande de remise en liberté déposée par Jonathann Daval, suspecté d'avoir tué son épouse Alexia. Après neuf mois passés à l'isolement et une partie en unité médicale-psychologique, il est confronté à la famille de la victime qui a demandé à assister à l'audience. Il y a un an jour pour jour, le 30 octobre, le corps de leur fille de 29 ans, était découvert en partie calciné dans un bois près de son domicile de Gray, deux jours après que sa disparition a été signalée. 

Il y a 15 jours, la première demande de remise en liberté de Jonathann Daval a été rejetée par le juge des libertés et de la détention sur la base de la protection de l'enquête mais aussi du suspect qui a fait appel de cette décision. Ce mardi, c'est la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon, lors d'un débat contradictoire qui se tient à huis clos demandé par la défense, qui examinera le dossier de Jonathann Daval qui devra répondre à des garanties de présentation, comme un lieu de résidence notamment.

Audience publique?

Ce dernier a demandé à être présent lors de l'examen de cette demande. Il assiste en effet aux débats en visioconférence. Pour la première fois qu'il sera confronté aux parents d'Alexia Daval depuis sa mise en cause. Grégory et Stéphanie Gay, le beau-frère et la soeur de la joggeuse, également parties civiles dans ce dossier, devraient eux assister aux débats. Selon nos informations, les débats pourraient être publics, le président de la chambre y étant favorable. Après une présentation de l'affaire par le magistrat, la défense prendra la parole suivie du parquet et des parties civiles.

Cette demande de remise en liberté prend la suite logique de la nouvelle version apportée par Jonathann Daval. Après dans un premier temps avoir avoué avoir tué accidentellement son épouse lors d'une dispute, il avait nié le crime, mettant en cause sa belle-famille. Selon lui, sa femme Alexia a été tuée par son beau-frère Grégory Gay au domicile de ses parents lors d'un dîner en famille. Jonathann Daval dit ne pas avoir assisté à la scène. La famille aurait alors passé "un pacte secret pour étouffer l'affaire". Ce que l'ensemble de la famille dément.

"Elément déclencheur"

"Pense-t-il aujourd’hui à tout ce qu’il t’a fait subir? A-t-il des remords? Est-ce qu’il t’a aimée, un jour, pour en arriver à de telles extrémités?" sont autant de questions que se posait la mère d'Alexia Daval dans une lettre ouverte publiée dans un hebdomadaire de Haute-Saône. "Nous a-t-il aimés un jour, nous qui l’avions accueilli comme un fils?", s'interrogeait-elle également. Si les parents de la jeune femme n'espère rien de cette audience, ils ont fait le choix de ce face à face. "Je n’y crois pas, je ne pense pas qu’il dira quelque chose. Je n’attends pas grand-chose de sa part", confie à BFMTV Isabelle Fouillot.

"On espère qu’il soit là. Est-ce qu’il en dira plus on n’y croit pas beaucoup, mais le fait de nous voir va peut être un élément déclencheur", abonde son mari Jean-Pierre.

"Il n’y aura aucune nouvelle pièce, aucun nouvel élément qui sera apporté par qui que ce soit dans ce dossier. Le seul intérêt réel, c’est que la famille Fouillot soit mise en présence, sans pouvoir y accéder, sans pouvoir l’interpeller ou lui parler, de Jonathann Daval", balaie l'avocat de ce dernier, Me Randall Schwerdorffer. La défense de son client a été mise à mal par l'expertise psychologique et psychiatrique. Les conclusions des professionnels décrivent un homme très loin de l'image de fragilité qu'il avait renvoyée au moment des obsèques de son épouse, évoquant à l'inverse une personnalité "caméléon", "dominante" voire "agressive". Un patient souffrant d'"absence d'émotion" et "dangereux sur le plan criminologique".

Justine Chevalier avec le service police-justice de BFMTV