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Jonathann Daval: une bombe aérosol au coeur de l'enquête

Une bombe entamée de mousse polyuréthane, hautement inflammable, a été retrouvée au domicile de Jonathann Daval. Un capuchon, qui peut "parfaitement correspondre" selon les experts, avait été découvert près du corps de la victime.

Près d'un an après les faits, un nouvel élément retrouvé en perquisition pourrait faire basculer la défense du principal suspect du meurtre d'Alexia Daval, retrouvée morte le 30 octobre 2017.

Son époux, Jonathann Daval, avait affirmé en janvier dernier l'avoir tuée "par accident", avant de se rétracter et d'accuser son beau-frère de l'avoir étranglée au domicile des parents de la jeune femme.

Mis en examen pour "meurtre sur conjoint", l'informaticien de 34 ans a toutefois toujours nié avoir brûlé le corps de sa femme, retrouvé plusieurs jours après sa disparition dans un bois près de Gray, en Haute-Saône.

Ce lundi, Le Parisien révèle qu'une bombe aérosol de mousse expansive a été trouvée au domicile de Jonathann Daval, sans bouchon et entamée. Or, un capuchon et une rondelle blanche de plastique ont été retrouvés sous le bras droit du corps de la victime.

"Le bouchon peut parfaitement correspondre à celui de la bombe", relève un expert dans un dossier remis en septembre au juge d'instruction et cité par Le Parisien.

Une quantité manquante correspondant aux zones de brûlures

La mousse polyuréthane, vendue au grand public et utilisée pour colmater des brèches ou isoler, est connue pour être hautement inflammable. Elle aurait donc pu, dans ce cas, être utilisée pour mettre feu au corps d'Alexia Daval.

"Si le feu n'avait été alimenté que par les vêtements que portait la victime, les brûlures auraient été beaucoup plus homogènes", souligne aussi l'expertise. Selon les experts cités par le quotidien, la quantité de produit manquante dans la bouteille "permet de couvrir les zones de brûlures décrites par les médecins légistes".

Toutefois, le composant chimique contenu dans la bombe n'est plus détectable après avoir brûlé, ce qui ne permet pas de "vérifier techniquement (…) la thèse d'une mise à feu à l'aide de polyuréthane", constate l'expertise.

L.A., avec Anne-Sophie Warmont