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Syrie: 24 candidats au jihad signalés en dix jours, cinq ont quitté la France

Les 24 candidats au jihad comptaient se rendre en Syrie, où les violences continuent de faire rage (ici Alep, le 1er mai).

Les 24 candidats au jihad comptaient se rendre en Syrie, où les violences continuent de faire rage (ici Alep, le 1er mai). - -

La plateforme internet ainsi que le numéro vert mis en place pour endiguer les départs de jihadistes en Syrie connaissent leurs premiers résultats. Vingt-quatre personnes ont été signalés, mais cinq d'entre elles ont déjà quitté le territoire.

Vingt-quatre candidats au jihad, dont cinq ont déjà quitté la France, ont été signalés depuis la mise en place il y a dix jours d'une plateforme internet et d'un numéro vert pour endiguer les départs en Syrie, a déclaré vendredi le ministère de l'Intérieur.

Il y a eu "vingt-quatre signalements" jugés "pertinents" en dix jours, dans seize départements, a-t-il précisé. Les candidats au jihad signalés sont huit femmes et seize hommes, âgés de 14 à 34 ans.

Le dispositif a permis de "constater cinq départs effectifs", a aussi dit la place Beauvau. "Pour chaque cas pertinent, nous avons déclenché immédiatement un dispositif de suivi par les services de l'Etat sur le territoire", a ajouté le ministère.

116 femmes dans les filières jihadistes

Selon les chiffres cités le 30 avril par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, 285 Français étaient alors engagés sur les théâtres d'opérations en Syrie. En outre, il avait fait état de 120 autres "en transit" vers ce pays, d'une centaine rentrés en France après avoir combattu et de 25 tués sur place.

Ces filières comptent 116 femmes et une trentaine de mineurs, avait-il précisé. Le plan de lutte contre les filières jihadistes vers la Syrie avait été présenté le 23 avril par Bernard Cazeneuve. Une des mesures phares est la possibilité donnée aux proches de candidats potentiels au jihad de les signaler sur une plateforme internet et un numéro vert. Ce dernier, 0 800 005 696, fonctionne depuis le 29 avril.

Premier bilan "positif"

Les 24 signalements enregistrés depuis lors ont été réalisés par téléphone pour 18 d'entre eux et par internet pour les six autres. Deux "écoutants", actuellement en formation, viendront renforcer "en début de semaine prochaine" les quatre personnes déjà affectées à cette mission, a dit le ministère. Un intervenant social est aussi "en cours de recrutement".

"Le dispositif a vocation à monter en puissance en fonction des besoins", a assuré le ministère de l'Intérieur, tirant un premier bilan "positif". Ce dispositif est "utile tant en termes de renseignement et de sécurité qu'en termes d'accompagnement des personnes concernées", a-t-on fait valoir du côté de la place Beauvau.

M. K. avec AFP