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#RechercheParis: sur Twitter, la solidarité après les attaques de Paris

Alors que la capitale était la cible de multiples attaques meurtrières en plusieurs endroits, vendredi soir, la solidarité et l'entraide entre Parisiens ont investi les réseaux sociaux, qui sont devenus des outils majeurs pour se mettre en sécurité ou chercher des nouvelles de ses proches.

Face à l'horreur, les réseaux sociaux ont joué un rôle essentiel. Vendredi soir, alors que Paris était visée par plusieurs attentats sanglants qui ont fait 120 morts selon un bilan encore provisoire, la solidarité entre Parisiens s'est rapidement mise en place sur Internet. Twitter s'est ainsi transformé en vaste plateforme pour chercher des disparus ou héberger des inconnus bloqués dans les rues, quand Facebook est devenu un outil pour rassurer ses proches.

#RechercheParis

Au long de la soirée et de la nuit de vendredi, plusieurs heures après les attentats, de nombreux internautes ont lancé des appels poignants sur Twitter pour avoir des nouvelles de leurs proches, qui se trouvaient dans le quartier des fusillades, au Stade de France ou au Bataclan, et dont ils n'avaient toujours pas de nouvelles.

Sous le hashtag #RechercheParis, ils ont demandé à leurs contacts de relayer leurs appels pour retrouver enfants, parents, amis, en quelques mots souvent déchirants. "Photo de Ariane et de Guillaume, qui étaient au Bataclan. A nouveau, si vous avez des nouvelles, DM-moi, merci !", "Mon ami Thibault était au Bataclan, il ne répond pas: aidez-moi", "Quelqu'un aurait-il des nouvelles de Thomas svp? présent au Bataclan", a-t-on notamment pu lire. Solidaires, les internautes ont été extrêmement nombreux à relayer ces appels sur leurs propres comptes.

Mais de nombreux messages sont restés sans réponses. Pour certains de ces disparus, leur fil Twitter est resté muet depuis le début de la soirée, avec parfois un dernier message joyeux où ils se réjouissaient du début du concert au Bataclan. Solidaires, les internautes ont été extrêmement nombreux à relayer ces messages sur leurs propres comptes.

#PorteOuverte

Autre signe de solidarité spontanée: sous le hashtag #PorteOuverte, peu de temps après les attaques, des milliers de Parisiens ont organisé sur Twitter un vaste mouvement d'entraide pour héberger pour la nuit les passants bloqués à l'extérieur par les attentats, et pouvant être en danger.

Les Parisiens ont ainsi proposé d'ouvrir leur porte à des inconnus dans tous les quartiers de la capitale, et en particulier sur les lieux proches des attentats. Ce mot-clé #PorteOuverte s'est répandu si vite qu'il a atteint plus de 480.000 tweets dans la nuit, se hissant au 2e rang des sujets les plus utilisés sur Twitter France derrière le mot #fusillade (700.000 tweets).

Après les attentats de Paris, vendredi soir, la solidarité s'est organisé sur les réseaux sociaux.
Après les attentats de Paris, vendredi soir, la solidarité s'est organisé sur les réseaux sociaux. © Captures d'écran

"Si des gens se retrouvent bloqués, je peux héberger 2 à 3 personnes rue des Martyrs dans le 9ème. #PorteOuverte", "Pour ceux qui sont coincés dans le 20ème, notre canapé est toujours disponible pour 2/3 personnes à Maraîchers. #PorteOuverte", "Cherche #PorteOuverte rue Richer pour 3 amis !!!", a-t-on pu lire.

Un site recensant les "portes ouvertes", sous l'adresse "porteouverte.eu" a été mis en ligne en urgence.

Cette initiative a suscité d'innombrables commentaires émus sur les réseaux sociaux, en France comme à l'étranger, ou la générosité des Parisiens était saluée. Le mot-clé "NousSommesTousUnis" a également été utilisé par beaucoup d'internautes pour manifester leur solidarité avec les Parisiens.

Un bouton d'urgence sur Facebook

De son côté, Facebook a déclenché son bouton d'urgence qui permet en un clic à ses membres d'envoyer le message "Je suis en sécurité" à tous leurs contacts, qui voient s'afficher ce message sur leur mur.

"Il semble que vous soyez dans la région touchée par les attaques terroristes à Paris. Dites à vos amis que vous êtes en sécurité", propose ce service.

Cette application avait été lancée en octobre 2014, au départ pour signaler à ses proches qu'on est en sécurité lors de catastrophes naturelles. Elle apparaît sur les pages de ceux dont le profil ou le service de géolocalisation de Facebook indiquent qu'ils se trouvent potentiellement dans la zone concernée.

Adrienne Sigel, avec AFP