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Ce que l'on sait des attaques qui ont ensanglanté Paris

Vendredi soir, la capitale a été la cible de terribles attaques meurtrières. Six sites différents ont été visés et le bilan provisoire s'élève à au moins 128 morts, faisant de ces attaques les plus meurtrières en France. L'état d'urgence a été décrété par François Hollande sur l'ensemble du territoire.

Dix mois après Charlie Hebdo, Paris a été de nouveau frappé par l'horreur. Six attaques simultanées, menées par au moins huit assaillants, se sont déroulées dans six lieux de la capitale, vendredi soir. Le bilan, toujours provisoire, est dramatique avec au moins 128 morts. "C'est une horreur", a réagi avec émotion le président François Hollande.

> Quel s'est-il passé?

Plusieurs assaillants ont littéralement quadrillé deux arrondissements parisiens. Le drame qui a touché la capitale a débuté au Stade de France, semble-t-il, où un terroriste s'est fait exploser à proximité du stade où l'équipe de France de football affrontait l'Allemagne. Un match auquel assistait François Hollande avant d'être évacué. Au total, trois explosions se sont produites aux abords des lieux. Pour la première fois, la France est confrontée à des actions kamikazes sur son sol.

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Simultanément, des terroristes, lourdement armés avec des kalachnikovs, tirent à bout portant sur les occupants de la terrasse d'un restaurant, le "Petit Cambodge" au croisement de la rue Bichat et la rue Alibert, dans le Xe arrondissement. La scène se répète ensuite rue de Charonne, boulevard Voltaire, rue de la Fontaine au Roi, près de la place de la République, et enfin au Bataclan. Là, les tireurs s'en sont pris aux riverains avant de rentrer dans la salle de concert. D'après les informations de BFMTV, les terroristes ont attaqué les lieux à la grenade.

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> Qui sont les victimes?

Le nombre de victimes s'est alourdi au fil des heures. Vers deux heures du matin, le procureur de la République de Paris, François Molins, a indiqué que plus de 128 personnes avaient trouvé la mort dans ces attaques: 14 sont mortes dans l'attaque de la rue Bichat, 18 dans celle aux abords de la rue de Charonne, 5 rue de la Fontaine au Roi, 5 au Stade de France, 1 boulevard Voltaire. Mais c'est au Bataclan que l'attaque a été la plus meurtrière. Au moins 70 spectateurs ont perdu la vie lors de la prise d'otages notamment en raison du mode opératoire utilisé par les terroristes qui ont jeté des grenades dans la salle. Des centaines d'autres personnes ont été prises en charge dans les différents hôpitaux de la région parisienne, fortement mobilisés pour faire face à ces attaques, les plus meurtrières en France.

> Des scènes de chaos dans tout Paris

"Un véritable carnage". Tous les témoins de ces terribles attaques décrivent des scènes d'horreur et de chaos. "J'ai vu deux fous qui sont arrivés et qui ont tirés sur tout le monde", témoigne dans un sanglot Jasmine, rescapée du Bataclan, sur BFMTV. Autour d'elle, les corps tombaient. Chacun raconte aussi avoir cru dans un premier temps à des pétards. Puis des scènes de paniques ont envahi les rues, chacun tentant de se réfugier dans des bars, restaurants ou des cours.

"J'ai entendu du bruit (...) Il y avait plein de cadavres par terre, plein de cadavres...", raconte un homme travaillant à proximité du restaurant le Petit-Cambodge, dans le Xe arrondissement de Paris. "Je ne savais pas si c'était la réalité, une fiction", témoigne-t-il avec émotion.

Beaucoup d'émotion également pour Frédéric. Lui était au Bataclan quand les terroristes sont entrés. "Le concert venait de commencer depuis une demi heure", confie-t-il. Avec effroi, il se rappelle avoir vu "deux personnes avec des mitraillettes qui tiraient sur la foule". Il doit sa survie à un riverain qui l'a accueilli avec d'autres dans son appartement après avoir fui la salle de spectacle par le toit.

> Qui sont les assaillants?

D'après le spécialiste police-justice de BFMTV, Dominique Rizet, ce sont bien deux équipes différentes qui ont opéré dans la capitale, sans pour autant revendiquer leurs actes. Si certains témoins assurent avoir entendu les terroristes crier leur vengeance au nom de la Syrie, rien ne permet pour l'heure d'étayer cette thèse.

Quoiqu'il en soit, les méthodes employées sont semblables à celles utilisées lors d'attentats jihadistes. Ainsi, quatre assaillant ont trouvé la mort au Bataclan, dont trois après avoir actionné leur ceinture explosive, selon le préfet de police. Trois autres seraient morts également lors de l'attaque au Stade de France dont un en faisant exploser une bonbonne de gaz. Une enquête a été ouverte pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste".

> Les mesures prises par l'Etat en réaction

Au terme d'une réunion de crise, François Hollande a annoncé avoir décrété l'état d'urgence sur tout le territoire français. Le chef de l'Etat a également indiqué qu'un renforcement des contrôles aux frontières serait appliqué et que 1.500 militaires supplémentaires seront déployés dans la capitale. Autre décret adopté par le Conseil des ministres extraordinaire qui s'est tenu vers minuit: des mesures renforcées dans l’ensemble des communes d’Ile-de-France". "Ces dispositions permettent l’assignation à résidence de toute personne dont l’activité est dangereuse, la fermeture provisoire des salles de spectacles et des lieux de réunion, la remise des armes et la possibilité de procéder à des perquisitions administratives", précise le communiqué diffusé à l’issue de conseil.

J.C.